Il hante mon corps.

Il hante mon corps.
*

Son coeur battait à vive allure et sa tête tournait comme si il était dans les montagnes russes. Il venait à peine de se réveiller mais son corps avait comme l'air de ne pas supporter la pression. Il porta sa main à sa bouche. Il avait envie de vomir. Une odeur bizarre envahissait ses narines mais il ne bougeait pas. Il restait planter en plein milieu de la chambre. Ses yeux se révulsaient par moment. Sans trop savoir pourquoi , il avait comme l'impression qu'il quittait définitivement son corps. Ses membres tremblaient et ses mains tatonnaient dans le vide. Son esprit était vide et il ne pensait plus à rien. Il était mort de l'intérieur. Il tituba dans la pièce. Traça des cercles avec ses pieds sur le parquet. Et tomba au sol. Inconscient. Malade. En sang.

Dans son sommeil il sentit quelqu'un le secouer. Lentement. Puis plus vite. Jusqu'à ce que ses os craquent et que son coeur se compressent. Un sourire se dessina sur son visage et ses mains entourèrent le cou de la personne. Un bruit étouffé se fit entendre. Il secoua dans tout les sens. Il sentait un liquide puant coulait le long de ses doigts. Les épousant parfaitement. Son esprit se vidait de tout sentiment. En un clin d'oeil il s'effondra. Sa tête se cogna contre la parquet dans un bruit sourd. Vite suivit par un toussement. La personne le regarda en tremblant.





P . o . v . T o m




Maman m'a demandé à ce que j'aille voir Bill. Sauf que ça doit bien faire quelques heures qu'il n'est pas sortit et je pense qu'il dort à point fermé. En temps habituel , quand je monte les escaliers , je peux déja entendre sa respiration qui résonne dans ma tête. C'est bizarre , mais aujourd'hui , je n'entend rien. Peut être qu'il n'est pas là. Tout simplement. J'ai envie de lui faire peur. J'ai envie qu'il hurle. Mais au fond , je ne veux pas lui faire de mal. Il a déja trop souffert ses dernières années. Et pourtant je sais qu'il souffre encore en silence. Ses yeux le trahissent. Sa voix est fatiguée. Son corps ne réagit plus. Et j'ai comme l'impression qu'on le perd de jour en jour. Tout le monde sait qu'il est un peu bizarre. Mais qui sait réelement se qu'il ressent ?! Même moi je ne sais pas. J'aimerai. Avant on pouvait tout se dire. Et depuis quelques temps , il est distant. Il est méchant. Il est tout sauf mon frère. Il n'est plus pareil. Il a changé. Et j'aimerai que tout soit comme avant.

Un jour je graverai son nom dans une pierre et je lui montrerai. Sauf que ça ressemblera plus à une tombe qu'à autre chose . . . Mais si j'arrive à le faire redevenir comme avant , ce sera parfait. On sera heureux. Et on s'enfuira et . . . Je rêve trop. Je ne sais faire que ça. Imaginer des choses qui ne se passeront jamais. Je suis pitoyable. Je ne crois même plus au rétablissement de mon frère. Mais tout le monde sait qu'on ne récupérera pas le Bill d'il y a quatre ans. Quatre ans de trop dans son esprit. Et si . . . On l'avait laissé ?! Est ce que . . . On serait plus heureux ?! Ou . . . Peut être que rêver son abscence aurait pansé des blessures . . . J'aimerai . . . Secretement . . . Qu'il redevienne comme avant. Bon sang , mais pourquoi on a choisit ce chemin la ?!

Ma main se pose sur la poignée de porte de sa chambre. Froide. Comme son coeur et son monde. Je la tourne. Dure. Comme son regard et ses expressions. Je la pousse. Crissante. Comme sa voix et ses pleurs. Je m'attendais à le voir assit sur son lit. Paisible et calme comme cette soirée de fin Décembre. Dans trois jours c'est le jour de l'an et je ne veux pas qu'il soit en mauvais état pour faire la fête. Sinon . . . Qu'est ce que se serait un monde sans lui ?! Sauf que j'ai trop d'illusions. Bill est bien dans sa chambre. Mais . . . Pas comme je l'aurai voulu. Il est là. Inconscient. Sur le parquet froid et craquant. Roulé en boule et tremblant. Je l'entend murmurer mais je ne comprend rien. Il claque des dents. C'était comme si il demeurait entre la vie et la mort. Et si . . . Il était mort ?!

Je m'approche doucement de lui. Je m'asseois à côté de son corps et le considère quelques instants. Je ne sais pas trop quoi faire. Qu'est ce qu'il a ?! Je pose lentement ma main sur son épaule dénudée. Il a froid. Je chuchote doucement.


- Bill ?! Oh . . . Bill ?! Que . . . Bill ?! Reveille toi . Qu'est ce que . . .


Une main m'emprisonne soudainement la gorge. Je suis surpris. Ses yeux son toujours clos mais au fond je l'entend rire diaboliquement. Ses ongles s'enfoncent dans ma peau. Je ne peu retenir un cri. Je n'arrive plus à respirer. C'est comme si j'étais sous l'eau et que tout s'infiltrait dans mes poumons. Ma gorge devient sèche et mes yeux se révulsent. J'entend Bill suffocait à son tour et sa main se resserre autour de mon cou. Un liquide chaud et répugnant coûle sur ma peau. Je n'ai même plus la notion du temps. Comme une impression que tout se passe trop rapidement. Je n'ai plus qu'un moyen : Bien viser.

Avec le peu de force qu'il me reste je réussis à lui donner un bon coup de pied dans le ventre. Mon frère s'éffondre au sol. Sa tête heurte violemment le sol. Je halète , essayant de reprendre mon souffle. Je tremble de partout et je sens le sang affluait. Mon coeur bat faiblement et je n'arrive pas à me relever. Est ce que je dois appeller quelqu'un ou restait là ?! Bon sang . . . Mais qu'est ce qui lui prend ?!





F i n P . o . v . T o m





F l a s h B a c k




4 ans plus tôt



Une fois de plus , ce soir , la salle de concert était comble et les cris des fans fusaient de toute part. Une fois de plus , Bill sortait de scène , la voix cassée et le corps épuisait. Suivit de ses trois amis , morts de fatigue eux aussi. Le succés commençait juste et le jeune androgyne regrettait amèrement. Au départ , il parlait de la scéne comme un endroit parfait. Maintenant ce n'était qu'injures et dégoût. Au départ , il regardait les fans avec les yeux plein d'étoiles. Maintenant il n'avait qu'une envie , partir en courant et leur dire d'aller se faire voire. Depuis quelques mois il s'enfermait souvent dans sa chambre d'hôtel , refusant de voir qui que se soit. Il ne mettait qu'un pied dehors quand il fallait quitter l'hôtel pour aller dans un autre.

C'est donc le coeur lourd et l'esprit torturait qu'il rejoignait ses amis dans les loges. Il aurait voulu leur dire qu'il plaquait tout mais le contrat était déja signé. Encore deux ans et il était libre. Mais libre à quel prix ?! Pourquoi tout d'un coup la musique occupait la dernière place dans son coeur ?! Bien sûr il comprennait que la presse et la célébrité le modelaient à leur goûts. Fait pas ci. Fait pas ça. Grande devise du monde people. Ce soir ressemblait à tout les autres. En pire peut être.


- Bill , tu veux v'nir en boîte ce soir ?! demanda Tom aux bras de deux jeunes filles aux cheveux platines.

- Nan.


Celui ci disparut dans sa loge , s'enfermant aussitôt dans la salle de bain. Son dos glissa contre la porte et il se recroquevilla sur le carrelage à damier. Une odeur de savon à a lavande régnait dans la pièce et tout était impeccablement propre. Sur le rebord du lavabo était posé un savon de marseille et . . . Un rasoir. Bill se leva difficilement , ne sentant plus ses muscles tellement il avait mal et s'assit sur le rebord de la baignoire. Ses yeux le piquaient et il avait une envie folle de faire l'interdit. C'est fou comme le monde qui l'entourait le bouffer. Il avait mal et son coeur saignait. Pas tellement. La plaie n'était pas bien grande mais ce soir ça s'ouvrait.

Bill se mordit fort la lèvre inférieure , jusqu'à ce qu'un filet de sang s'écoule sur son menton. Il n'avait pas prévu ça. Mais le sang avait un goût . . . Délicieux. C'est comme quand Tom se blessait et qu'il aspirait son sang. Il disait qu'il n'allait pas mourir parce qu'il le récupérait. D'un côté Bill avait toujours voulu le croire. Mais depuis quelques temps , ça le hantait. Est ce que s'il perdait son sang sans le récupérait , il allait mourir ?! Et est ce que si il en récupérait un peu , il allait vivre ?! Et puis . . . Pourquoi ne pas essayer ?!

Le brun attrapa le rasoir et le carressa avec son pouce. Froid , doux , long . . . Comme la mort. Faire le bon choix. Faire le premier pas. Sinon on rate tout et il n'y a plus de chance que l'on réussisse. Il pensa à Tom. En premier. Est ce qu'il le rejoindrait si il partait ?! Est ce qu'il renoncerait à sa vie pour son frère ?! Il savait déja la réponse. Il le retrouverait. Ouais. Il le retrouverait très vite. D'un claquement de doigt.

Il rapprocha la lame de son poignet et appuya assez fort. Sans rien dire , elle pénêtra dans sa peau et quelques gouttes de sang s'écrasèrent par terre. La vue du sang ne le répugnait pas mais presque. Il s'assit par terre et se fait deux entailles profondes et longues sur les deux bras. Ce n'était plus des gouttes mais des flots de sang. Ses yeux se révulsèrent. Sa tête tournait. Il tremblait. Son teint devenait livide. Il avait froid. L'odeur du sang envahit ses narines. Il entendit quelqu'un frapper à la porte. Il aurait voulu crier mais sa voix restait bloquer dans sa gorge. Ses yeux se fermèrent. Il s'allongea par terre. Une marre de sang se répandit lentement autour de lui. Il sombra dans un trou noir. Etait - il mort ?!





F i n d u F l a s h B a c k





Passé oublié , caché , enfouit dans les entrailles du monde et si subitement retrouvé. Il y a des choses comme ça qu'on préfèrerait oublier et qu'on garde au fond de soit pour ne pas s'encombrer l'esprit. C'est ce qu'il avait voulu , lui , Bill , le grand garçon aux yeux noisettes et au look un peu rebelle. Lui , la jeune rock-star allemande adulée de toutes et tous. Est-ce qu'un jour on pourrait enfin l'oublier ?! Est-ce que c'était si dur ?! Alors qu'il était assis sur le parquet , reprenant ses esprits , Bill tentait de se souvenir des évènements passés ces dernières heures. Ses mains tremblaient et un bruit assourdissant bourdonnait dans ses oreilles.

Son c½ur battait étrangement vite et des gouttelettes de sueur perlaient sur son front. La respiration saccadée , le jeune Androgyne se releva , faisant crisser le bois sous ses pieds nus. On aurait pût croire qu'il venait de se droguer tellement ses yeux étaient gonflés et injectaient de sang. Sa tête avait l'air de ne plus suivre le reste de son corps. Tout tournait autour de lui et quand ses yeux se posèrent sur ses poignets , le temps sembla s'arrêter. Il se rappela des jours suivants sa tentative de suicide , quand à chaque fois qu'il appuyait sur ses plaies , celles-ci ce mettaient à saigner abondamment et mettaient des heures et des heures à arrêter. D'un pas non chaland , il se dirigea vers la porte de sa chambre et l'ouvrit doucement . . .





P . o . v . B i l l





Je me rappelle ce temps , où , plus jeune je savais parfaitement se que je faisais. A mes moindres pas. Même les plus frêles et les plus courts. Aujourd'hui , j'avance dans l'ombre. Je ne sais pas où je met les pieds. Mon assurance s'est envolée. Elle n'existe plus que dans une partie de mon cerveau. Je suis juste sûr de vouloir mourir. Je n'ai plus confiance en moi. Si bien que je m'égare dans un milieu que je ne connais pas. Tout était si simple avant . . . Pourquoi chaque seconde de ma vie est-elle devenue la pire épreuve du monde ?! Je tourne en rond et je perd pied. Je me perd tout simplement. Je ne suis plus le Bill Kaulitz que tout le monde aime. Je suis une ombre qui marche dans la lumière. Cette lumière qui n'existe pas. Mais qui m'attire irrésistiblement. Je plane mais trébuche. La vie est un obstacle. Je me dis parfois que la vie aurait pû être pire. Bien sûr je survis , contre mon grés. Parfois je souris. Faussement. Ou sinon vraiment. Mais dans ce cas là , ce n'est jamais très longtemps. Le réel n'est pas possible. Mais enfait . . . Qu'est ce que le temps ? Le temps . . . D'avant. Le temps . . . Présent. Mon coeur s'arrête souvent de battre. Mais ce n'est qu'une illusion. Un rêve. Une envie enfouie dans une partir de ma tête. Jamais. Non jamais je ne penserai autre chose.

Une esquisse mal dessinée me traverse l'esprit. Juste une main et une ombre contrastent dans une pièce rouge et noire. Une odeur de sang m'inonde. Je n'ai pas peur. Je n'ai plus peur. Je n'ai peur de rien. Je n'ai peur que de moi. J'ai l'impression de vivre des scènes déja vécues. Je ne suis pas normal. Ce n'est pas possible. Mon coeur rate quelques battements. Je ne suis pas effrayé. Je n'arrive même plus à bouger. Juste à regarder des ombres qui n'existent même pas. Je veux bien avouer que je suis idiot mais là . . . Je me fais carrément flipper. J'entend une respiration derière moi. Une voix suave me murmure dans l'oreille. Je ne comprend pas. Je ne comprend rien. Je ne veux pas comprendre. Je ne comprendrai jamais rien. Amertume d'un coeur brisé. C'est ce qu'on dit oui. Quand quelqu'un perds la tête pour des débilités. Sauf que cette fois c'est réel. Je ne rêve pas. Je me retourne d'un bond , en sueur. Rien . . . Absolument rien. Juste les rayons du soleil qui tapent sur le papier peint du couloir. Juste la lumière du jour. Dehors est si prés. Dehors est si loin. C'est vraiment très contradictoire.

Mes pas me guident dans le salon. Les rideaux sont tirés. Il fait casiment noir. Ca aurait pû être normal mais pas aujourd'hui. De l'encens brûle dans un cendrier et une odeur de parfum de thé au jasmin embaume la pièce. J'ai la nausée. Pourquoi est ce que j'ai l'impression de rêver les yeux ouverts ? Mon regard fait le tour de la pièce. La télé n'est pas allumée. En temps normal , Tom serait planté là , devant son emission à la noix et Maman repasserait le linge. Aujourd'hui rien de tout cela existe. Je rêve. Oui c'est ça. Je rêve. Ce n'est qu'un dessin qui paraît vrai. Et puis je marche. Je marche vers le canapé mais c'est là que je le vois. Tom est assis sur le canapé , les jambes repliées sur son torse. On dirait qu'il refléchit. Est ce que je suis mort ? Oui c'est ça , je suis mort. Mais ma main se pose sur l'accoudoir. Bon d'accord , je suis vivant. Ma main tremblante se pose sur l'épaule de mon jumeau. Il sursaute. Il est en larmes.


- Tom . . . Mais qu'est ce que t'as ?!


C'est la seule chose qui me vient à l'esprit et j'arrive à peine à articuler tellement ma gorge me brûle. Je n'aime pas quand il pleure. Il y a quelques temps , on pouvait tout se dire. Aujourd'hui je suis un mur et lui n'a plus d'oreilles. Du moins , pas pour moi. Nous sommes des ombres à part entière. Nous sommes des ombres manipulatrices. Nous sommes juste un miroir ou un simple reflet. Nous ne sommes qu'un. Je suis lui. Il est moi. Sauf que maintenant ça ne marche plus comme ça. Je ne l'aide plus. Il n'est pas tombé avec moi. Il m'a relevé. Je l'ai fait tomber. Je ne suis plus ce que j'étais. Je ne m'appelle plus Bill Kaulitz. Je n'ai plus de nom. Je n'habite plus ici. Et puis . . . Merde . . . Pourquoi est ce qu'il faut sans arrêt que je me démonte de la tête aux pieds ?! Et puis , pourquoi je lui ai posé cette question idiote ?! Je sais déja la réponse. Tout ça s'est à cause de moi. Moi seul. Et je finirai ma vie accroché à une corde et les pieds au dessus de l'eau.





F i n P . o . v . B i l l





- Je . . . Va falloir qu'on parler Bill. dit le blond secoué de sanglots.

- Je t'écoute.


On pouvait quand même deviner dans sa voix qu'il ne voulait pas. Si c'était pour entendre qu'il était fou , ça ne servait à rien. Il le savait déja.


- Est ce que ça t'arrives parfois de vouloir tuer les gens ?

- Euh. Non. Pourquoi ?


- Parce que moi ça me démange. Ne le prend pas mal surtout mais en ce moment , j'ai terriblement envie de te planter un couteau dans le coeur.


Tom planta son regarda dans les yeux chocolats de sa moitié. Bill n'avait même pas peur. Un frisson le parcoura. C'est tout. Tom n'attendait pas de réponse. Il continua son discour. Extrêment sérieux et tellement triste. Son visage se noyait dans l'eau salée de ses yeux. Ses paroles sortaient du plus profond de son coeur. Oui , il faisait ça pour son bien. Il fallait qu'il le dise.


- Non pas pour te faire souffrir. Juste pour que tu arrêtes de pleurer et de te renfermer sur toi même. J'en ai assez de te voir te rendre malade. Juste pour cette histoire d'il y à quatre ans. Tu n'y es pour rien. Tout le monde peut péter un plomb. Je ne sais pas ce que tu ressens. J'arrive plus à perçer dans ton coeur. J'arrive plus à te suivre. Alors je voudrai que tu trouves un moyen d'arrêter de souffrir. Je sais bien que tu ne veux pas m'en parler. Mais si tu pouvais tout écrire sur une feuille , histoire de t'exorciser de tout ça , ça aiderait. Je dis ça comme ça frérot. Mais je voudrai que tu arrêtes de te faire du mal. Tu ne mérites pas tout ce qu'il t'arrive. Bill . . . Réfléchit bien.


Le guitariste se leva sans un mot. Laissant son frère dans la lumière tamisée. Oui , il valait mieux qu'il réfléchisse. Et si la solution se trouvait derrière ces murs de pierre ?






[ . . . ]






" Il y a bien longtemps que je ne m'étais pas sentit comme ça. Avoir des papillons dans le ventre procure tellement de bien. Quand il m'a pris la main , j'ai eu l'impression que tout mon corps allait exploser. Ses yeux brillaient et je ne parle même pas des miens. Et son souffle dans mon cou. Ses lèvres douces délicatement posées sur les miennes. Sa peau sucrée. Son corps collé au mien. Je frissonnais tellement c'était bon. Si on m'accordait un moment à repasser , ce serait celui ci. Dans ses bras , contre lui. Bon sang. Je vais mourir d'amour. Cher Journal . . . C'est décidé , je ne le quitterait plus jamais. "


Il y a certaine promesse qui ne se tiennent pas. On les oublie et on les retrouve quand c'est trop tard. Parfois on se dit que cette fois ci on tiendra parole. Mais c'est encore pour se prouver que l'on sait très bien que tout n'est que mots transparents. On voudrait. Mais on ne peut pas. Parce que nous sommes fait comme ça et pas autrement. Nous sommes des personnes qui ne respectent rien. Nous ne sommes pas des personnes qui refléchissent vraiment. Nous sommes nous. Et on ne changera pas.

# Posté le vendredi 03 août 2007 06:28

Modifié le mercredi 03 décembre 2008 06:53

Dieu n'existe pas

Dieu n'existe pas
*

Aprés avoir bû son chocolat chaud , Bill se dirigea vers le salon. Le temps au dehors n'était pas trop mauvais et la neige qui recouvrait une majeur partie de la pelouse du jardin semblait encore bien fraîche. Tout ce blanc l'attirait. D'un pas déterminé , il se dirigea à l'étage , montant les escaliers quatre à quatre , essayant de ne pas trébucher. Au passage il attrapa une vieille couverture qui trainait dans un coin du couloir et la lança à l'autre bout de la pièce , attérissant directement dans le panier à linge sales. Un sourire de triomphe s'installa sur le visage fatigué de l'androgyne. Un sourire qui pourtant lui allait comme un gant. Sans faire de bruit qu'il s'introduisit dans la chambre de son frère. Tom était là , allongé sur son lit, les yeux fermés et la bouche légèrement entre-ouverte. Le brun sourit et remonta les couvertures. Tom grogna et bougea un peu.

Depuis combien de temps ils s'étaient autant éloignés ?! Manque de tendresse. Manque d'amour. Manque de fraternité. A ce moment là , Bill avait terriblement envie de prendre son frère dans ses bras. De le serrer fort et de l'ettoufer à moitié. Mais il se contenta de l'embrasser sur la joue. Mais il fût tenté par le diable. Ses lèvres vinrent alors effleurer celles de son double. Contact doux , chaud et délicat. Comme une piqure de drogue que l'on ne peut arrêter. Comme le reflet d'une chose que l'on aimerait ne pas voir se faner. Il aurait voulu arrêter le temps.

Revenir en arrière puis recommençer. Arrêter puis tout refaire. Oublier puis retrouver. Cette sensation où l'on se sent planer au dessus du monde. Se sentir seul. Aimer sans retenue et se laisser mourir d'amour à petit feu. Qui aurait pensé qu'un jour il se laisserait aller à ses sentiments ? Et c'est quand il sentit son frère réagir , qu'il coupa tout contact. Mais il ne dirait rien. Rien du tout. C'était promis. A regret , sans un mots , sans un bruits , il quitta la chambre de Tom. Le coeur pincé et les yeux humides. ll aurait du réfléchir avant d'agir.

Le coeur lourd il descendit les escaliers , essayant de ne pas repensait à ce qu'il venait de se passer. Il avait besoin d'air. Sentir ses poumons se gonflaient d'air et marcher dans la neige. Bill prit son manteau et l'enfila en trois quatrième vitesse. Il hésita quelques secondes sur les chaussures qu'il allait mettre. Au final il prit ses converses noires. Il se demanda si il devait prendre ses gants ou les porter de suite. Au final , il ne les prit pas. Il les laissa simplement trôner sur le meuble d'entrée. D'un geste brusque , il ouvrit la porte , laissant le froid hivernal pénètrait dans la maison. Il entendit une porte claquait à l'étage. Tans pis. Bill mit ses lunettes , si il souhaitait arriver là où il voulait , il valait mieux qu'on ne le reconnaisse pas. Il franchit le pas de la porte et laissa l'air emplir ses poumons. Oxygène , bulle d'air éphémère.

Sans le vouloir il oublia ses clés à l'intérieur et ferma la porte doucement. Enfermé. Il n'avait pas peur. Loin de là. Il était déterminé. Prêt à tout pour redevenir le Bill Kaulitz d'il y a quatre ans. Oublier les souvenirs. Vivre au jour le jour. Avançer droit devant lui. Et ne jamais se retourner. Il posa un pied dans la neige et celui ci fût engloutit. Il devait bien y avoir dix centimètres de neige devant la porte. Au lieu de retirer son pied , Bill s'amusa à s'enfoncer encore plus loin. Un vrai gosse , comme on aime. Son regard fût attirer par un bruit assourdissant. Un avion venait de décoller et trassait une immense bande blanche dans le ciel azur. Aucun nuages. Juste du bleu. Rien que du bleu. Il enfouit ses mains dans les poches de son manteau et partit de la maison , le sourire aux lèvres. Dieu merci , les anges existent.

C'est quant il arriva à destination , que son coeur s'emballa. Trouver les mots. Les justes. Trouver comment s'en sortir. Pour respirer hors de l'eau. D'un geste maladroit , il appuya sur la sonnette. Ses mains devenaient moites et il sentait la sueur couler le long de ses tempes. La porte s'ouvrit doucement sur un Gustav encore endormit. Ses cheveux blonds partaient dans tous les sens et son tee-shirt avait plutôt l'air d'une serpillère. Ses yeux étaient collés et un filet de bave lui barrait la joue élégamment. Gustav était très . . . Naturel.


- Qu'est ce que tu veux ? dit le blond d'une voix pâteuse.

- Euuh . . . Julia est là ?

- Ouais.



Bill entra dans la maison. Quand la porte de celle ci se referma , il faisait noir.




[ . . . ]




Reprendre pied , c'est tout ce qu'il voulait. Son esprit flottait dans le brouillard. De l'aide , c'est tout ce qu'il souhaitait. Est ce qu'une personne qui touche le fond peut remonter à la surface en peu de temps ?! Il se sentait prêt à remonter la pente. Mais avec Julia. Et c'est d'un geste tremblant et mal assuré qu'il frappa bien fort à la porte chambre de celle ci.

Assit sur le lit aux côtés de la jeune fille , Bill se sentait mal à l'aise. Ses yeux le piquaient et il ne cessait de les gratter , faisant couler son maquillage sur ses joues rosies par le froid. Il savait que le regard de Julia était posé sur lui. Comme un courant glacial et électrisant , son regard avait l'effet d'une bombe qui atomiserait tout les habitants à des kilomètres à la ronde. Pourtant , il ne franchissait pas les murs de la chambre , il ne faisait que détailer l'androgyne. Celui ci n'avait pas peur. Il cherchait les mots juste. Les mots qui pénètreraient dans le coeur de Julia comme un appel à l'aide. Il fallait qu'il remonte à la surface. Qu'il arrête de se noyer en permanence. Il coulait , il plongeait. Il manquait d'oxygène. Son frère lui manquait et il voulait tout donner pour pouvoir redevenir comme avant. Quitte à le payer très cher.

Il lui raconta tout de A à Z. Sans oublié un seul détail. Quoi que . . . Peut être une seule chose fût cacher : Ses sentiments envers Tom. Mais rien ne le trahissait. Ses yeux restaient figés vers le plafond et il faisait attention à ne pas trembler quand il parlait de son frère. Aprés tout , rien n'était sûr. Etait - il vraiment amoureux ?! Ou était - ce juste une passe ?! Pourtant , son coeur l'inquiètait. Il battait tellement vite que parfois il s'arrêtait quelques secondes. Illusion ou réel choix de la vie ?! C'est dans ces moments là que l'on doute. Trop de questions et si peu de réponses. La vie est parfois injuste. Mais bon sang , qu'est ce qu'elle est belle.Ils discutèrent pendant plus de deux heures. Entre rires et larmes. Bill passait de la bonne humeur à la déprime totale. Emotions éphémères bien légères.


- Pourquoi tu n'essayes pas d'écrire un journal ? demanda la noiraude.

- Un journal ? Oo'

- Ben oui , pour écrire ce que tu ressens.

- J'avais compris. Mais . . . C'est pour les filles.

- Pas forcèment. Peut être que ton frère en écrit un.



Sur ces mots , Bill resta dans un très grand moment de perplexité. peut être que c'était une bonne idée. Un journal . . . Quand il lisait celui de Julia , il ressentait comme un besoin de tout avouer. C'était peut être ça la solution à ses problèmes. Tout avouer. Sans oublier aucun détail , tout serait mis sur papier. Se libèrer et faire le point. Le chanteur sourit à Julia et essuya ses joues pour effacer toute traces de pleurs.

La jeune fille s'absenta quelques minutes pour aller chercher le manteau du brun. Pendant ce temps là , celui ci attrapa quelque chose dans la doublure de sa veste et posa ce qu'il tenait en main sur le lit. Bill se leva précipitemment du lit et rajusta un peu ses habits. Il se recoiffa en passant sa main dans ses cheveux lisses et sortit de la chambre au pas de course. Il descendit rapidement les escaliers et alla retrouver Julia dans la cuisine. Ne pas se faire prendre , par pitié.


- J'y vais. J'ai répétion dans une demie heure et je suis archi à la bourre. s'exclama l'androgyne.

- Ton manteau est sur la chaise.
répondit Julia.


Bill attrapa son manteau et l'enfila à toute vitesse. Il déposa un rapide baiser sur la joue de la jeune fille et se faufila dehors. Rentrer vite. Disparaitre du champs de vue de la maison. Courir. Ne pas se faire choper. Vite , vite , très vite , vraiment très très vite. Il remonta le col de son manteau et enfouit ses mains dans les poches. Ses doigts jouaient avec une boîte de chewing-gum et il marchait en faisant bien attention de ne pas tomber. Qui voudrait d'un Bill Kaulitz tout écrasé ?!

Julia rentra dans sa chambre , un bol plein de céréales et une brique de jus d'orange à la main. Elle posa le tout sur son bureau et son regard fût attirer par une petite chose rose pétant sur son lit. Elle s'approcha doucement et ouvrit les yeux en grands. Qu'est ce que son journal intime faisait ici ?! Sur la couverture cartonnée , un post-it était accroché. Les yeux de la noiraude s'embuèrent en parcourant les lignes. Dieu merci , les anges existent vraiment.


" Merci de m'avoir fait découvrir la vie. La vraie. Bien à toi. Bill. "





[ . . . ]




- Putain , Bill , tu fais chier à toujours arriver à la bourre ! cria Tom depuis la salle de répétition.


Bill rentra dans le studio et salua toute l'équipe habituelle. Il enleva son manteau et le posa sur la chaise à l'entrée. Ses amis le regardaient derrière la vitre , perplexe. Oui , aujourd'hui Bill paraissait différent. Aujourd'hui , il souriait. Pour de vrai. Il illuminait la pièce. Il illuminait le monde , comme sa mère le disait si souvent. Pour une fois , Bill se sentait revivre. Il recommençait la vie. Et il était fier de lui.

Parler avec Julia l'avait en quelque sorte changé. Elle avait pris le temps de l'écouter et lui avait répondu. Ses questions trouvèrent des réponses. Sa vie retrouva son sens. Il voulait vivre. Pour longtemps. Sa main se posa sur la poignée de la salle de répétition et il la tourna bien fort. La porte s'ouvrit , laissant entrevoir la tête du chanteur tant attendu. Quand celui ci vit que ses amis le regardaient bizarrement , il se mit à sourire.


- Je suis désolé. Mais j'étais avec une amie. dit - il fièrement.


Comme d'habitude , il s'en tirait avec des excuses à la noix. Cette fois ci , potable. Mais pas pour longtemps. Bill vit bien que les garçons voulaient en savoir plus. Mais ils ne sauraient rien. La conversation entre Julia et lui était confidentielle. Sans rien dire , il se dirigea vers son micro et l'ajusta à sa taille. Quelqu'un était passé par là avant lui. Il testa le son en fredonnant un air ou deux puis il leva le pouce en l'air en guise de contentement. David n'était toujours pas arrivé et ils n'attendaient plus que lui.

L'androgyne alla s'asseoir dans un coin de la pièce , dos au mur et les yeux rivés sur l'écran de son portable. Peut être attendait - il un signe. Aprés tout , il pouvait toujours espèrer. A peine cinq secondes de contemplation et son portable commença à vibrer. Un immense sourire s'étira sur le visage du brun quand il vit le numéro de Julia s'affichait sur le petit écran lumineux. Oui , il pouvait toujours espèrer. Il s'éclaircit la gorge et répondit.

- Oui ?

- Hum . . . Bill , c'est Julia.

- Je sais.
dit - il en riant légèrement.

- Je . . . Voulais te demander si ce soir tu étais libre. On . . . Pourait sortir pour . . . Parler.


Bill ne s'attendait visiblement pas à ça. Ses amis le regardaient de travers. Autrement dire , Bill ne paraissait pas du tout normal.


- Euuh . . . Je veux bien.

- C'est vrai ? Oo'

- Oui , si je te le dis.

- Ouuuf . . . J'ai vraiment beaucoup de choses à te dire.

- Oui , moi aussi.


- Bon , j'vais te laisser alors. Bisous. Merci pour tout.

- Ne me remercie pas. Merci à toi. Bisous. A ce soir.



Sourire élargit. Bras en l'air. Cri de victoire. Heureux. Jusqu'à la fin. Alors qu'il était en pleine phase d'hallucination totale , il fût coupé dans son élan par une porte qui s'ouvre. David venait de rentrer dans la pièce , un sourire aux lèvres et un bouquet de fleurs dans les mains. Il se dirigea vers Bill et lui tendit le bouquet. Il y contenait des roses rouges , ainsi que des blanches. Quelques cosmos oranges et au milieu tronaît une petite carte à l'écriture soignée.

Le chanteur ne comprenait visiblement pas pourquoi son manager faisait ça. Il ne comptait quand même pas l'emmener à un rendez vous galant. Ce n'était pas du tout son type et puis . . . L'âge compte quand même. D'un geste maladroit , Bill attrapa le bouquet et détacha la carte. Alors qu'il s'apprêtait à la lire , David lui retint le poignet.


- Julia m'a dit de te le donnait. Et elle a dit : " dit lui Merci ". Il parait que tu as disparut très vite toute à l'heure et qu'elle n'a rien pû te dire à part au revoir.

- J'étais préssé >< J'étais carrément à la bourre. Maiis . . . Un bouquet . . . Ca m'fait vraiment trop plaisir.

- Elle sort pas avec Tom normalement ?



Le visage de Bill se décomposa. Il faut dire qu'il n'y avait pas vraiment pensé. Encore une fois , il aurait du réfléchir avant d'agir. Tom paraissait en colère. Très très en colère. Et si le brun se haissait en ce moment même , c'était bien pour ça. Ses yeux s'embuèrent. Ses mains lachèrent le bouquet. Celui ci vint s'écraser par terre , éparpillant son contenu un peu partout autour de lui. Il fit tomber la carte et sortit en courant de la pièce. Plantant tout le monde dans la salle. Le guitariste se pencha pour ramasser la carte. Il la retourna. Julia avait dessiné deux personnes mains dans la mains et une écriture noire et rouge formée une délicieuse phrase d'avenir :


" Tom et Toi . . . Bientôt. C'est promis. "


Il retourna encore la carte , découvrant un roman fait de vert. D'accord , il avait peut être tort de la lire mais ses yeux étaient comme attirés. Sans s'en rendre compte , il la lut à haute voix. Oui , il avait tort.



" Bill , merci d'être passé tout à l'heure. Te parler m'a fait du bien et je suis sûr que c'est pareil pour toi. Ton regard et ton sourire ne m'échape pas. Je sais bien que tu ne m'as pas tout dit , pourtant ça à l'air extrêment important. Je sais que tu veux remonter , que tu le fais pour Tom et non pour toi. Je sais que tu voudrais beaucoup de choses , alors je vais t'aider à retrouver le bonheur. Oui , tu le mérites. Tu es quelqu'un d'exceptionel et ce serai dommage de passer à côté de ça. Bill . . . J'ai juste une question : Est ce que tu ne serais pas amoureux de ton frère ? Bien à toi.Julia "


La carte voleta dans l'air pour ensuite se poser doucement sur le sol glacial. Pourquoi tout était si compliqué ?!





[ . . . ]






Son coeur battait à tout rompre. Ca devait bien faire trois heure qu'il courait à travers Hambourg , dans le froid et sous la pluie. Pourtant , ce matin il faisait beau. Comment le temps peut - il aussi vite changer ? Son maquillage coulait sur ses joues rouges et ses cheveux lui collaient à la peau. Il était vraiment trempé et il commençait à avoir très froid. Depuis quelques minutes déja , il marchait le long de la route pour rejoindre la maison. On aurait pû croire qu'il était plus de vingt heure , alors que dix-sept heure n'était que fraichement commençé. Oui , le temps jouait des tours. Ses pas résonnaient dans l'allée. Il s'enfonçait dans la neige et manquait tomber à chaque fois. Il ne tenait plus debout , epuissé par sa course. Il se détestait autant qu'il détestait la célébrité. Oui , il faut bien l'avouer un jour.

Tête baissée , il longeait l'allée de la maison d'un pas lent et maladroit. Vraiment crevé. Il n'avait même pas remarqué la main posée sur la vitre du salon. Ces yeux qui le regardaient. Les même yeux que lui. Des yeux noisettes remplient d'amour. Un amour qui ne fanera jamais. Parce que l'amour c'est éternel , quand on a des ailes. Dieu merci , les anges existent réelement.

# Posté le mercredi 05 septembre 2007 07:35

Modifié le lundi 05 janvier 2009 08:06

Je suis pas croyante

Je suis pas croyante
*

Quinze heure trente quatre. Il avait quitté la salle de répétion sans décrocher un seul mot. Bouillonant de rage contre lui même. Trop bouleversé , trop énervé , trop inquiet. Il n'avait pas l'habitude de crier contre son frère. Surtout pour ça. Trop de sentiments indescriptibles coincé dans sa gorge. Rien ne sortait. Même pas son souffle. Si il n'avait pas eu envie de protéger sa putain de fierté , il aurait sans doute craqué. Devant tout le monde. Les larmes menaçaient de couler au moindre coup de vent , à la moindre reflexion , au moindre petit mot déplacé. Tout le chamboulait. Son coeur s'accelérait inconsidérablement par moment. Si Gustav et Georg n'avaient pas été là , il se serait lourdement effondré. Pourtant , ses amis le voyaient. Il allait mal mais il ne le disait pas. Oui , fierté oblige. On pense à son image et pas à sois même. Egoïsme.

Quand il ouvrit la porte d'entrée , le soleil avait disparut derrière les affreux nuages noirs qui dominaient , à présent , la ciel. On se serait cru en pleine nuit et pourtant . . . La nuit n'était pas sur le point d'arriver. La pluie martelait le sol et creusait d'immenses flaques dans les parcs voisins. La neige fondait petit à petit. Il pleuvait. C'était l'hiver , un horrible hiver. Le froid lui glaçait le sang , à tel point qu'il ne sentait même plus ses doigts et le bout de son nez. Il portait un grand sweet noir et quand il mettait la capuche , on ne voyait plus ses yeux noisettes. Peut lui importait. Il voulait pleurer . . . En paix.

Etre seul au monde , perdu dans un univers lointain. Sa propre imagination et ses inventions. A travers le monde il vivait d'amour artificiel. Artificiel mais essentiel. Les mains dans les poches , la tête baissée et les yeux mouillés , il avançait vers chez lui , espèrant y retrouver son frère jumeau. Il s'était énervé pour rien. Sérieusement , ce n'était qu'une crise de gosse atteint de jalousie maladive. Il tremblait de rage. Il s'en voulait. C'était sa faute. Pourquoi s'acharnait - il a refouler ses sentiments ? Depuis son plus jeune âge , il cachait tout se qu'il ressentait. Sauf à son frère. Son seul allié , seul être qui le comprennait. Parfois , il s'isolait puis venait le voir en lui disant qu'il allait mal. Ce mal être si insoutenable qu'il passait des nuits entières à ses côtés à pleurer , pleurer , pleurer et pleurer. Et puis . . . Si seulement un fossé ne s'était pas creusé entre eux , tout aurait été plus simple ? Tellement plus simple , tellement douloureux.

Tomber amoureux . . . Il y a quelques temps , il aurait rit tellement pour lui s'était improbable. Aujourd'hui , il se questionnait , cherchait une justification. Il n'en trouvait pas. C'était dur quand même. Trop , trop dur. Si tomber amoureux était impossible , aujourd'hui ça le hantait. Tellement , qu'il en faisait des cauchemards atroces. Et si il ne s'était pas éloigné de son frère , il aurait pû vivre plus heureux. Le sourire aux lèvres et les yeux plein d'étoiles. Mais la lumière était éteinte et le sourire s'effaçait. Aimer . . . C'est bon , il l'avouait , il crevait d'amour. Crever , crever , crever.

Pourquoi l'amour fait si mal quand on a pas la personne que l'on voudrait avoir ?! Putain , qu'est ce qu'il en avait marre. Tellement marre. Le crier sur les toits , le crier partout , le crier au monde entier. Oui , il aimait. Quelqu'un de bien. Quelqu'un de proche. Quelqu'un de trop parfait. De trop bien pour lui. Et pourtant , rien ne pouvait se faire. Rien du tout. Oh oui. Crever , crever , crever d'amour. S'oublier pour se mettre à mourir de chagrin. PAF. Crever. Les larmes coulaient , pour se fâner. Ephémère.

Il fallait qu'il fasse un choix. Mais toujours ce prénom qui revient sans cesse. Et si le destin les avait prédestinés ? Il y pensait souvent , bien trop souvent. Si ils ne s'étaient pas éloignés. Bordel , mais pourquoi la vie tournait autour de l'amour ? Avançer , reculer. Tout le monde grandit. Tout le monde change. Tout le monde prend un nouveau chemin. Tout le monde aime quelqu'un de bien au moins une fois dans sa vie. Aujourd'hui , il y était arrivé. Sans le vouloir. Sans rien demander. Ses sentiments , il ne s'en était pas rendu compte tout de suite. Y réfléchir . . . Il ne voulait pas.

Et c'est entre ses dents qu'il murmura cette phrase sanglante et tranchante. Cette phrase aussi froide qu'une lame et aussi meurtrie que son propre coeur. Il murmurait entre ses dents , juste pour se l'avouer à lui même. " Je te hais " furent les seuls mots qu'il trouva à son intention. Juste pour s'enfonçer encore plus. Peut être que son frère coulait , mais lui encore plus qu'il ne l'aurait fallu. Sans vraiment le vouloir , il leva la tête vers le ciel , les gouttes de pluis s'écrasant lourdement sur son visage , ouvrit les bras en grand et hurla à s'en fendre l'âme cette ultime phrase de carnage et de détresse. Appel au secours , plus puissant que le mur du son. Il se haïssait. Oh oui , pire que tout au monde.


- POURQUOI TU M'FAIS CA A MOI ?!


A ce moment là , il crut mourir quelques secondes. Sous la pluie , sous le ciel noir , sous les nuages , au dessus du monde réel. Son coeur s'arrêta de battre , ses yeux se fermèrent , sa respiration se bloqua. Il eut l'impression de voler , de planer. Son corps tombait légèrement en arrière mais il arrivait quand même à se rattraper avec sa faible force. C'était comme un mauvais rêve. Une illusion.

Quand il arriva à rouvrir les yeux , une voiture était stoppée à ses pieds. Son visage était littéralement trempé et son sweet ressemblait à un vieux torchon usé. Pendant un instant , il pensa à son frère , pourtant , celui ci n'avait jamais quitté ses pensées. Même pas une seule petite seconde. Il était gravé dans sa mémoire , dans son sang , dans sa peau , dans son coeur. A tout jamais , il l'aimerait. Oui , il l'aimerait. Le chauffeur , au volant de la voiture , regardait le jeune homme , les yeux grands ouverts et les mains bien accrochées au volant. Son visage paraissait crispé. Il l'était. Mais dans tout ça , qui avait eu le plus peur ?!

La pluie tombait , encore plus fort que tout à l'heure. Un frisson le parcourut. Il mourait de froid. Il remit ses mains dans ses poches , impassible. Puis il se mit à courir , pas trop vite. Juste à cause de son jean et de son sweet trempés. Il oublia le monde autour de lui. A nouveau , il se sentait seul. Il était seul. Et ça le tuait.

Demain , c'était le grand jour. Le jour de l'an. D'habitude , il se réjouissait et il lui tardait ce moment avec impatience. Il aimait dresser une liste de nombreuses résolutions , qu'il , enfait , ne tenait jamais bien longtemps. Le maximun atteignait la fin du mois , le minimun , c'était les heures qui suivaient. Mais il n'en tenait qu'une seule. Réelement. Rester auprés de son frère jusqu'à la fin de ses jours. Le rendre heureux. Mais ça , il l'avait raté. Lourdement raté. Cette année allait promettre d'être riche en tout un tas de choses. Importantes comme insignifiantes. Aujourd'hui , pour lui , demain c'était encore bien trop loin. Encore une fois , cette année , il dresserait une liste , et la première chose qu'il marquerait , serait la seule et unique dernière. " Dieu , s'il vous plaît , cette nouvelle année , je voudrai être avec lui ". Son écriture serait plus soignée qu'avant et ses mots bien choisis. Cette année là , il aurait se qu'il voulait pour tout l'or du monde. Pour toute la vie. Pour toute sa vie , à lui.

Alors qu'il s'approchait de la maison , d'un geste tremblant , il attrapa son téléphone portable et composa le seul numéro qu'il connaissait véritablement par coeur. Et comme il le souhaitait , il tomba sur la messagerie. Et cette voix . . . Cette voix qui l'obsédait. Pourtant sa voix à lui était aïgue et saccadée , ses mains tremblaient et il n'arrivait presque pas à respirer normalement. A ne pas respirer tout court même. Il prit son souffle , celui qu'il puisa du fin fond de ses entrailles et lâcha tout en éclatant en sanglot. " Putain , j'ai b'soin d'toi Bill ". Il raccrocha , devant la porte de chez lui. Au bord du gouffre.

Il n'y avait personne dans la maison , pas un chat , pas un bruit. Les volets étaient restés clos toute la journée et une horrible odeur de nourriture planait dans l'ait. Ca lui donnait la nausée. Il aurait espéré que Bill soit ici , endormit sur le canapé , les bras pendants dans le vide. Alors à ce moment là , il se serait sentit soulagé. Comme à son habitude , il aurait prit une couverture en laine et l'aurait posée sur son jumeau. Ensuite , il aurait déposé un tendre et doux baiser sur le front de sa moitié. Sa douce moitié. Son amour. Sa chair. Peut être même qu'il se serait assis par terre pour écouter sa respiration si légère et apaisante. Oh oui , si seulement tout avait put se passer comme ça . . . Etant trempé des pieds à la tête , le dreadé partit prendre une douche bien chaude. Se relaxer , il ne pensait qu'à ça. Il monta les escaliers quatre à quatre et à une vitesse phénoménale. Juste pour imiter son frère. Le planchet craquait et on aurait dit qu'il allait s'éffondrer. Et Tom passer à travers par la même occasion.

Quand il mit les pieds dans la salle de bain , il faisait bien chaud. Idéal. Il attrapa une serviette blanche toute propre , elle sentait la peau de bébé. Cette odeur exquise qui le faisait rire comme un con tellement il adorait. ll la posa ensuite sur la chauffage électrique fixé sur le mur de la salle de bain , celui juste en face de la douche. Il suffisait de tendre un peu la main et Hop , le tour était joué. Dans sa chambre , il attrapa un tee-shirt jaune et un nouveau baguy. Il enleva ses vêtements et les mis à sécher sur la rambarde d'escalier. Il se jetta dans la douche et alluma le jet d'eau chaude au maximun. Quitte à se brûlait la peau , il s'en foutait. L'eau ruisselait sur son corps frêle et fragile. Il jouait peut être le macho-dragueur-crouner-ect , il n'en était pas moins vulnérable.

Quand son frère le poussait accidentellement , juste un peu violemment , il s'efforçait de ne pas crier pour ne pas avoir l'air ridicule. Mais comme disait souvent Georg ," le ridicule ne tue pas , il rend plus fort ". Mais Tom n'écoutait personne , sauf son frère , et il n'en faisait qu'à sa tête. Bon sang , quel idiot par moment. Tom n'était rien sans Bill. Bill n'était rien sans Tom. Deux personnes différentes aux caractères bien trempés et aux sentiments très complex. Beaucoup trop complex.

Quand il sortit de la douche , l'horloge indiquait dix sept heure zéro sept. La pluie n'avait pas cessé et aucun morceaux bleu du ciel n'étaient encore visible. La vie était bien mal foutue aujourd'hui. Enveloppé dans sa serviette toute chaude , il savourait le fait d'être à la maison. Son frère n'était pas rentré. Et il commençait à s'inquièter. Il pensait trop. Mais pas assez à lui. Ou peut être trop. Beaucoup trop. Son teint était rouge écrevisse et on aurait dit qu'il avait attrapé un coup de soleil féroce. Mais dans tout ça , où est le soleil ? Il regarda dans le miroir. Bizarrement , il ne s'y voyait pas. Il voyait juste une ombre. Une silhouette mal dessinée aux contours flous et maladroits. Dans son coeur , il savait bien qu'il existait. Mais quelque part dans le monde , il était invisible , inconnu , perdu , faible , épuisé. Il se sentait maladif rien qu'en y pensant. Une grande claque en plein dans la gueule. Et ça fait mal.

Il enfila ses vêtements et descendit à la cuisine. Là , il se fit un grand bol de chocolat chaud avec une cuillière de miel et trois tartines de confiture maison. Oui , il avait faim. Très très faim. Affamé. Il posa le tout sur la table du salon , ouvrit les volets et alluma l'écran plasma. Par chance , il tomba sur le début d'une émission qu'il aimait bien. Deux gigolos qui recherchaient l'âme-soeur parmis une tripotée de jeune fille en chaleur qui ressemblaient plus à des barbies qu'à des humaines. Vas-y qu'une mini-jupe et un décolleté plongeant exite bien du monde. Encore une émission débile et sans intérêt. Bouarf , plutôt crever la bouche ouverte.

Alors qu'il commençait à mordre dans sa première tartine , des pas dans l'allée se firent entendre. Tom se leva en soupirant et alla se poster devant la fenêtre. Son coeur rata alors quelques battements et ses yeux s'embuèrent aussitôt. Son frère marchait dans la neige encore épaisse par endroit , luttant pour ne pas tomber , trempé jusqu'aux os et moitié débraillé. Il avait l'air complétement épuisé. Il était épuisé. Ses pas crissaient sur le graviers et il s'enfonçaient dans les flaques de boue. Tom posa sa main sur la vitre , comme s'il voulait toucher ce petit être fragile au dehors. Il se rapprocha un peu plus de la fenêtre. Son souffle chaud forma de la bué et avec ses doigts , il traça les lettres du prénom de son jumeau. Il se retourna et regarda dans la pièce. Son chocolat était encore fumant. Bizarrement , il n'en voulait plus. L'envie s'était échappée comme elle était venue. Triste sort. Il se remit face à la vitre , Bill avait disparut de son champs de vision. Et merde . . .

La pluie s'abattait sur les vitres et des flaques de boues s'étaient formées dans un coin du jardin. Des flaques , de la boue , de l'eau et des graviers verglassés. Allée casiment impraticable. C'était le parcours du combattant , en dix fois pire. Et c'est alors qu'il observait l'environnement au dehors que deux mains se posèrent sur ses hanches. Une tête s'enfouie dans son cou et un corps mouillé se colla au sien. Par surprise , Tom sursauta et se retourna brusquement. Son frère était là , collé à lui , accroché comme si s'était une bouée de sauvetage. Dans un gémissement , Bill murmura à l'oreille du blond.


- J'te demande pardon . . .


S'en était trop , il n'en pouvait plus , il allait craquer. Il craquait. Son coeur explosait. En mille morceaux. Eparpillés. Bruyamment , Tom éclata en sanglots et se jetta dans les bras de l'androgyne. Ses doigts aggripèrent le tee-shirt trempé de son homologue et il enfouie sa tête dans le cou humide de Bill. Bon Dieu , comme il s'en voulait. Ce contact qu'il n'avait pas sentit depuis des mois et des mois. Cette chaleur si enivrante qu'il n'arrivait plus , au bout d'un moment , à s'imaginer. Ces yeux qui le réchauffer au moindre regard.

Et si . . . Ils ne s'étaient jamais quittés ?! C'était à Tom de présenter des excuses , pas à Bill. Lui , il n'y était pour rien. Ce n'était pas Bill qu'il fallait résonner , c'était lui même. Oui , lui. Il se détestait , se haïssait profondément. Il était immonde , c'était un monstre. Et puis ces lèvres qui l'attiraient tellement. Comme des aimants irrésistibles qui étaient attirés par l'éventuel amour de deux êtres immortels dans leur âme . . . Amour si fort et impossible à cerner , si dur à avouer. Aimer. Ce sentiment éternel qui ne pourra fâner qu'aprés la mort. La vie est mal foutue. Autant l'avouer , plutôt que de le renier.

Tom attrapa le visage de Bill entre ses mains , essuya en passant les larmes de son jumeau avec ses pouces et s'approcha , à présent , du visage du brun. Il était si prés qu'il pouvait sentir le souffle brûlant de l'androgyne. Ca lui foutait des frissons incontrôlables et il avait la chair de poule. Son coeur battait rapidement et sa respiration s'accélérait. Il pensait que son frère faisait ça juste pour le consoler et il n'imaginait pas un jour être aimé en retour. Sauf que quand Tom commença à parler , Bill faillit mourir d'une crise cardiaque sur le coup de la surprise.

- Tu m'fais perdre la tête . . . avait gémis le blond.

Sans se faire trop violent , il prit la main de son jumeau et la posa sur son coeur. Bill ne comprenait pas. Trop d'émotions en si peu de temps. C'est quand il sentit le coeur du guitariste battre à 500 000 à l'heure sous sa paume , son coeur à lui explosa carrément. Ses yeux noisettes se plongèrent dans ceux de son double. Combien de temps restèrent - ils ainsi , se fixant intensément ?! Une seconde , des heures , des mois , des années , des siècles . . . Une éternité. Aucun des deux n'auraient pû répondre. Se séparer l'un de l'autre les déchireraient. C'était juste un des moments les plus beaux de leur vie. Sûrement le meilleur même. Leurs visages se rapprochèrent , ne se quittant pas des yeux. Ou plutôt , leurs yeux ne quittaient pas les lèvres de l'un et l'autre. Celles ci n'étaient qu'à quelques millimètres seulement. Elle s'attiraient considérablement. Secondes parfaites. Réel plaisir de la vie. Attendre. Encore et encore. Porter les fruits de la dure épreuve qu'ils avaient vécu. Ensemble. A l'infini.
Puis soudain , la porte d'entrée s'ouvrit.


- Mes chériiiiis , c'est mamaaaaaan !!!!


Les jumeaux se séparent aussitôt , rouges comme des homards trop cuits. Et merde . . .





[ . . . ]





Elle devait faire les cents pas depuis plus d'une heure. Elle ouvrait la bouche , puis la refermait. Elle réfléchissait , à ce soir. Comment la soirée avec Bill allait se dérouler ?! D'un côté , elle avait peur que ça foire , d'un autre , elle avait peur de ne pas pouvoir l'aider. Les fenêtres de sa chambre étaient grandes ouvertes alors qu'il pleuvait des cordes monumentales. Malheur à ceux qui restaient dehors. Le vent faisait voler ses mèches de cheveux et elle frémissait à chaque bourrasque violente. Pourtant , elle restait là et n'avait pas l'intention d'allait les fermer. Trop la flemme , comme elle disait. Elle tournait en rond , comme une âme en peine , l'esprit embrouillé et le coeur débordant de joie et aussi de stress. Elle ne savait pas trop comment aider Bill à se ressaisir. C'est vrai qu'il avait l'air d'aller très mal . . . Mais elle allait l'aider , coûte que coûte. C'était sa seule intention pour le moment. Réunir les deux frères pour qu'ils ne forment plus qu'une et même personne. Et puis , si elle y pensait bien , depuis quand n'avait - elle pas aidé quelqu'un d'autre qu'elle même ?! Elle voulait le consoler , le réconforter , trouver les mots et les lui rendre. Oui , elle devait accomplir sa B.A volontairement. Aujourd'hui , elle le voulait. Plus que tout.

Son esprit était quelque peu chamboulé. Elle savait que Bill aimait Tom. Mais elle . . . En parlant de Tom . . . Etait - ce vraiment de l'amour ou plutôt un lien plus qu'amical ? C'est vrai qu'elle considérait Tom un peu comme son propre frère. Un frère qu'elle n'avait jamais eu mais qu'elle avait tant souhaité de nombreuses fois. Elle espérait tout jour. Si jamais un jour ça se faisait. Alors là était la question. Est ce que risquait leur amitié en sortant ensemble les détruiraient par la suite ?! Oui , c'est ça. Pourquoi tout détruire alors qu'une amitié pure et simple leur suffirait ?! Et puis . . . Elle devait caser Tom avec Bill. Elle le voulait absolument. Cette fois ci , elle allait tenir sa promesse. Longtemps , elle l'espérait.

En face , les branches du plus grand sapin du parc se balançaient au rythme des battements de son coeur. Dieu comme elle aurait voulu se sentir aussi légère. Tant de regrets par rapport au passé. Tant de tristesse et de peine. Si jamais elle devait tout recommençer , elle s'en ferait à coeur joie. Oui , c'était comme ça avec elle. Julia regrettait même les premières secondes où sa vie débuta. Un jour , peut être , elle se pardonnerait. Et pourtant , elle n'avait pas d'excuses à présenter. Mais son coeur pesait bien lourd et un jour , il se pourait bien qu'elle ne puisse plus supporter la pression grandissante. Elle ne se reconnaissait plus depuis quelques temps. Mais tout le monde peut avoir des hauts et de bas. On lui pardonnait , c'était l'essentiel.

Alors qu'elle regardait son reflet dans le miroir , la sonnette se fit retentir. Qui pouvait bien arriver à cette heure là ? Et sous la pluie qui plus est. Encore une de ces fans débiles du groupe de Gustav peut être. Elles étaient nombreuses ces derniers temps. A chaque fois que Julia tombait nez à nez avec l'une d'entre elles , elle n'avait qu'une idée en tête : L'assassiner et lui montrer le vrai côté de son cousin. Diabolique et pire encore. Et c'est en soupirant , qu'elle descendit les escaliers dans une lenteur infinie. Son bol vide et un verre remplit d'un liquide marron qu'elle n'avait pas touché tellement la couleur et l'odeur la répugnait. C'était pour son bien , avait dit sa tante. A ce rythme là , si elle buvait le verre , elle creverait dans la minute qui suivrait. Elle ne savait même pas ce que s'était. Et si on lui avait posé la question elle aurait baissé honteusement la tête et se serait mise à y réfléchir sérieusement. A chaque fois que Kamille ouvrait la bouteille , Julia bloquait sa respiration pour ne pas avoir envie de gerber. Ouais , gerber , c'était bien le mot. En réalité , si elle avait observé la bouteille , elle aurait pû voir inscrit : " Jus de Pruneaux ". Mais , là , elle aurait carrément pété les plombs. Une famille de tarés. Elle était tombé dans une famille de tarés.

Alors que la sonnette retentissait pour la cinquième fois , Julia posa ses affaires sur le meubles d'entrée , faisant bien attention à ne rien renverser , et partit ouvrir la porte. Puis c'est quand elle vit les deux énormes valises vert pomme posées de chaques côtés de la personne , qu'elle faillit avoir une crise cardiaque aïgue. Elle était là. Elle , sa meilleure amie , Louise , son Concombre chéri , sa confidente , sa parisienne préfèrée. Elle agitait énergétiquement la main et avait un sourire plaqué sur le visage. Ce sourire qui donne envie de sourire aussi. Louise portait un silm rouge et un tee-shirt noir et blanc. Elle n'était pas très grande , à peine plus que Julia et elle était d'une minceur infinie. Pas la taille anorexique bien sûr. Elle avait le poids qu'il fallait , pour avoir tout les mecs à ses pieds. Elle était belle. Elle le savait. Elle en jouait. Louise n'était pas mouillée. Incroyablement sèche. Ses cheveux n'avaient même pas l'air d'avoir reçu une seule goutte de pluie et ses chaussures paraissaient très propres. Oui , elles étaient propres. Et puis elle avait l'air tellement paisible. Comme si le soleil brillait et que la température atteignait les 30°C.

Mais la noiraude n'était pas trop surprise. Depuis toute petite déjà , elle avait cette joie de vivre. Ca devait faire cinq ou six ans que les deux jeunes filles se connaissaient. Elles s'étaient rencontrées un 14 juillet , alors que Louise accompagnait sa soeur au défilé et que Julia s'éclatait avec ses potes. On les avait présentés puis aprés ce soir là , elle ne s'étaient plus jamais quittées. Passant leurs vies ensemble. Et puis c'est là que l'on se dit que la vie n'est pas si mal foutue. Depuis ce temps là , elles avaient formés le duos des " Torturées ". A cause de leur esprit maccabre et sombre. Elles formaient une paire très explosives. Même si leurs vies n'étaient pas toujours très roses , elles avaient sû garder le sourire aux lèvres. Et puis aujourd'hui , Louise se tenait là , devant sa très chère meilleure amie qui elle , était très très très très surprise.

Mais qu'est ce qu'elle foutait là ?! En jogging bleu et tee-shirt délavé , Julia faisait légèrement tâche. Et c'était le cas de le dire. Et puis . . . Une seule question lui brûlait les lèvres.


- Mais pourquoi t'es là ? Oo'

- Tu me manquais trop , tu comprends. Et je voulais tellement te voir. Alors j'ai appelé ta tante et je lui ai demandé si je pouvais venir un peu. Et elle m'a dit oui !! Tu imagines ? Elle a dit oui ?! C'est trop bien. J'vais pouvoir voir tout le monde et matter tout plein de mecs avec toi et puis même que demain . . .



Julia la fixait , les yeux grands ouverts. Louise se tordait les doigts dans tout les sens et baissait les yeux quand elle croisait le regard de son amie. Innocente. Oui , elle ne l'était pas.


- Ben quoi ?! J'peux rester quand même ?
reprit la jeune fille.


La question ne se posait même pas. Elle était débile et inutile. Elle savait déja la réponse , alors à quoi bon la poser. Les yeux verts de Julia débordaient d'amour et de tendresse. Tellement d'amour. Même qu'ils avaient retrouvé les étoiles. Louise fit mine qu'elle allait se mettre à pleurer et la noiraude passa devant elle pour allait récuprer les deux valises. Elles devaient bien peser 20 kilos chacunes. Elle poussa son amie à l'intérieur , qui , elle , tripotait ses cheveux châtains entre ses doigts fins et agiles. La porte se referma. Deux cris de joie. Quelques larmes de bonheur. Deux sourires indectructibles. Julia se jetta dans les bras de la brune et la serra hyper fort , jusqu'à l'étouffer à moitié. Des rires. Puis ce fut tout. Pas besoins de parler. Tout passait par le regard. Elles s'étaient manquées. Et elles allaient tout rattraper.




" Cher journal , aujourd'hui je me sens bien. J'ai retrouvé ma source et mon coeur a cessé de saigner.
Mon sourire reste figé. J'aime la vie , à partir d'aujourd'hui. "





[ . . . ]





P . o . v . T o m





Si je devais devait décrire l'état dans lequel je me sens , je crois que se ne serait pas possible. Trois heures que je me sens aussi bien. Trois heureus que je me pince pour voir si je ne rêve pas. Et pourtant , toujours cette silhouette à côté de moi. Juste un mot pourrait montrer mon état d'extase : MAGIQUE. Et encore , le mot est bien faible. Trop d'émotions d'un coup. Bonheur , qui , je souhaite , ne sera pas ephémère. Je veux vivre à 100% ce moment là. Le vivre et le revivre chaque jour. Chaque fois que nos regards se croiseront.

Oh bon sang , je suis complètement HS. Dire que je sors de mon sommeil depuis à peine quelques minutes. Léthargie puissante. Enfait , je n'ai pas vraiment dormis. C'était ma sieste de 21h00. Sauf que cette fois , il y avait des cris , des voix , des hurlements et des gestes très très brusques. Mais c'est pas trop la peine d'étendre ma vie. C'était juste magnifique et on en parle plus. Han bon sang , qu'est ce que j'peux faire pour recommençer encore et encore ?!





F i n P . o . v . T o m




Bill attrapa son portable et composa le numéro de sa messagerie. Ses yeux tombaient tout seuls et il baillait tellement tout ça l'avait épuisé. Il avait trois messages vocaux et deux sms de son opérateur. Il écouta le premier message , c'était sa mère. Le deuxième , idem. Tout ça pour dire qu'elle passait la soirée avec des amies à elle. " Salope " cracha Bill entre ses dents. Le troisième message , c'était Julia. MERDE , Julia !


" Biiiiiiiill , ça va pas être possible pour ce soir !
Ma meilleure amie vient d'arriver et j'ai beaucoup trop de trucs à lui dire. J'espère que tu m'en veux pas.
On s'voit demain dans tout les cas. Bisous. <.3 "

Ca tombait bien , il avait oublié. Vraiment oublié. Il regarda l'heure. Trop tard pour la rappeller. Et puis entre un rendez vous et ce qu'il venait de se passer . . . Y'avait pas à choisir. Et à peine vêtu d'un boxer et du tee-shirt jaune de Tom , il descendit à la cuisine.




F l a s h B a c k



" Il y a trois heures "



Leurs langues s'entrechoquaient , s'emmèlaient dans un rythme rapide. Leurs gémissements et soupirs formaient un concerto jouissif. Leurs lèvres se touchaient , s'apprenaient. Leurs mains exploraient le corps de l'un et l'autre. Leurs coeurs battaient extrêment vite. Leurs yeux se dévoraient. Ils se mangeaient , se mordaient , se goûtaient , se léchaient , s'embrassaient. Leurs corps flambaient sous la chaleur.

Ebulition , température constante. Trop d'amour , trop de tendresse et trop de violences dans leurs gestes. Affamés l'un de l'autre. Il fallait bien qu'un jour ça éclate. Aujourd'hui c'était bon. Vraiment trop bon. Ils s'envolaient. Planaient au dessus du monde , de leur univers. Seuls au monde. Ils s'aimaient. Trop parfait. Contact intime cette fois et pire un prochain jour. L'amour donne des ailes. Tout le monde le sait. Eux en premier.




F i n d u F l a s h B a c k




" Cher Journal , aujourd'hui était le plus beau jour de ma vie.
Si c'était à refaire , ce serait un plaisir. Fait moi penser à remercier Dieu de m'avoir enfin écouté.
Je souris , je me sens bien . . . Vraiment trop bien. "



Le pire , c'est que ça marchait pour trois personnes en même temps. Tenir Bon chaque Jour. Ensembles , ils y arriveraient. La vie n'était pas si mal aprés tout.



# Posté le mercredi 19 septembre 2007 13:27

Modifié le lundi 05 janvier 2009 08:11

Tagada Tsoin Tsoin

Tagada Tsoin Tsoin
*

Gustav n'avait jamais eu peur de rien.Même pas de monter sur scène dans une salle immense et comble. Même pas de traverser une foule de groupie plus hystériques les unes que les autres. Même pas de rater quelque chose qu'il voulait à tout prix réussir. Non , il restait impassible face à toutes sortes de situations. Même les pires horreurs du monde ne l'effrayaient pas. Il était extrêment calme et cela étonnait bien du monde. Ils se demandaient même comment il faisait pour ne pas craquer au moins une fois. La réponse paraissait alors trop simple et inutile quand ils y pensaient. Et encore , fallait - il encore qu'ils y réléchissent. N'avoir peur de rien relevait du sur-humain. Aprés c'est ce qu'il était , inhumain. Soit Gustav se contenait , soit il était encore plus fort que Superman en personne. Les gens se demandaient souvent pourquoi il était prés à tout. Pourquoi il fonçait droit devant sans jamais réfléchir. Certains pensaient que le jeune garçon faisait ça pour ne pas avoir à regretter ses actions. Mais ce que personne ne savait , c'est qu'il crevait de trouille au moindre faux pas.

Pourtant , jamais il n'avait paniqué devant un public de 70 000 personnes. Jamais il n'avait eu envie de s'enfuir en courant pendant un rendez - vous hautement galant. Jamais il ne s'était demandé s'il faisait le bon choix et pourquoi. Jamais il n'avait flanché pendant un interview. Jamais il n'avait crié devant une grosse araignée. Jamais de sa vie il n'avait eu peur d'une date importante. Jamais il n'avait eu peur. C'était bien connu , Gustav était téméraire et ne frissonnait devant rien. Oh oui , jamais la peur ne l'avait envahie. Il rassurait toujours les autres. Ne se souciant pas de lui et de son état d'âme. Il faisait toujours en sorte d'être le dernier. Oui c'est ça , le dernier des derniers. Les gens autours de lui le félicitaient et l'enviaient horriblement. Pensant qu'il n'avait aucune faiblesse et qu'il n'en aurait jamais. Gustav était l'invinsible et les autres se disaient perdus sans lui. Il était maintenant indispensable. Mais à quel prix ?!

Les gens l'enviaient pour son courage et son calme inouï. Parfois , c'est vrai , on aurait pû croire qu'il allait craquer. Surtout quand il quittait la scène , les yeux s'intillants et le rouge aux joues. Pourtant , il ne pleurait pas. Jamais il n'avait pleuré devant les gens. Oui , on aurait pû croire qu'il allait pleurer à flots. Mais non. Cela n'était que le fruit de l'imagination débordante de toutes les personnes qui le cotoyaient chaques jours. Gustav était bien trop fort pour pleurer. Tout le monde le savait. Si ils avaient été plus intelligents , ils auraient pû vite découvrir la toute première faiblesse du batteur. Cette faiblesse qui le rongeait et le pourrisait étrangement. Cette faiblesse qui le tuait et le torturait jusqu'au fin fond de son coeur. Certes , déjà meurtrit , mais extrêmement vulnérable. Il était affaiblit pas elle , mais personne ne le voyait. Cette faiblesse qui laissait une immense plaie béante dans chaques cellules qui constituaient son corps.

Ah , si seulement sa faiblesse n'était jamais venue au monde. Si il était resté calme toute sa vie , sans déborder une seule fois du droit chemin qu'on lui avait proprement tracé. Mais cette faiblesse , oui , cette punaise , est arrivée. Comme un ouragan qui détruit tout sur son passage. Comme une tornade qui emporte tout ce qu'elle souhaite. Maitresse du monde cette faiblesse était. Elle a gâché sa vie toute entière. Il était ruiné jusqu'aux os , dénudé de toute chair. Il était désespèré. Si seulement elle avait disparut plus tôt. Si elle n'avait jamais vu la lumière du jour. Restant dans l'inconnu et dans l'oubli. Personne ne l'aurait jamais vu et il aurait pû vivre en paix. Tout sourire. Heureux , pour de bon. Si elle était restée seule et perdue dans le néant , tout aurait été plus facile. Bien plus facile. Oh oui , il la détestait jusqu'au plus profond de lui même. Saleté , saloperie , immondice de la vie. Horreur infâme.

Parfois , l'envie lui prenait de vouloir arracher son coeur et de le torturer jusqu'à ce que le parasite de ses cauchemards s'échappe. Il en rêvait depuis le jour où il avait poussé ses premiers cris. Il n'avait que cette envie en tête depuis dix huit années déjà. Et quand il pensait que cette chose avait un nom , il avait tout simplement envie de gerber. Sa rage , il ne l'exprimait pas mais il la pensait dans sa tête et par moment entre ses dents. Elle était pire que le diable en personne. Il la haïssait. Oh Mon Dieu qu'est ce qu'il la détestait. Le mot était pourtant trop faible. Beaucoup trop faible. Elle était comme un coup de poignard dans son coeur. Elle devait disparaître. Loin , loin , aussi loin que possible. Hors d'ici , hors de sa vie , hors du monde. Il fallait la faire crever par n'importe quel moyen. Qu'elle finisse sa vie dans une décharge public , elle le méritait. C'était grand luxe d'ailleur. Il fallait la torturer , la pulvériser , l'exterminer et ne pas avoir un seul regret. Elle devait mourir. Crever , mourir , crever , mourir et dix fois pire.

Oh bon sang , la rage s'emparait de lui à chaque fois qu'il y pensait. " Faite qu'elle crève ". C'est tout ce qu'il souhaitait. Son plus grand secret jamais avoué. Que se passerait - il si les gens le découvrait ?! La fin d'un espoir. D'un illusion. Un abandon. Il devrait renoncer alors. S'enfuir ou l'expluser de son champ de vision. Julia avait du soucis à se faire. Beaucoup de soucis. Même ses mots n'étaient pas assez puissants pour décrire toute la rage qu'il ressentait. C'était beaucoup trop fort. Beaucoup trop . . . trop. Vraiment trop. Plus de mots. Plus rien dans la tête. Juste un souffle de mort et une odeur de sang dans les narines. La faire crever. La saigner. L'entendre crier à la mort. Seule. A sa merci. Si jamais il l'avait devant lui , il se jetterait sur elle pour lui tordre le coup. Une haine réciproque. Tellement réciproque. Pfff . . . Tout ça parce qu'elle était tout ce qu'il n'était pas. Tout ça parce qu'elle était loin d'être parfaite. Lui , il l'était. Tellement. Oh bon sang , et si Julia n'avait pas existé , serait - il devenu différent ?!





[ . . . ]





P . o . v . L o u i s e




Assise en face de Julia , je retrouvais peu à peu mon bonheur . . . Ma raison de vivre , ma joie , ma drogue . . . J'avais failli oublier. Oublier comment l'aimer. Ne plus me rappeller pourquoi je vivais encore. Et pourtant , j'en ai tellement des raisons de quitter ce monde. Mais en découvrant les étoiles briller dans ses yeux , je compris. Je me suis souvenue qu'une seule chose me retenait. Julia. Elle , la seule personne à me comprendre , à me connaître réelement. La seule fille avec qui j'ai partagé ma vie. En y repensant , jamais je n'ai aimé quelqu'un aussi fort. Je sais tout d'elle , elle sait tout de moi.


- Slipa , tu m'écoutes ou tu rêves ?!



Je souris en entendant ce prénom. A l'époque des " Torturées " , on avait inventé de nouveaux surnoms. Slipa pour moi , Pluto pour elle. Et c'était resté. Et ça restera.


- Bien sur chou , que je t'écoutes.


J'accompagnai ma phrase d'un merveilleux sourire. Mais au moment où nous allions éclater de rire , la porte de sa chambre s'ouvrit à la volée.


- Juli . . . Euh . . . Je . . .


J'ai eu juste le temps d'apperçevoir un éclair de haine dans les beaux yeux verts de Ju'. Le seul regard inconnu pour moi. Ce qui n'était pas vraiment un bon signe.




F i n P . o . v . L o u i s e





Il devait être quatre ou cinq heures du matin et le soleil n'était pas encore prés de se lever. Au rayon de lune , on pouvait voir les arbres se plier sous le vent. Si fort qu'on aurait pû s'envoler dans les airs. Parfois , les nuages cachaient les halots argentés de la lune. Comme un voile contre une source de lumière innepuisable. Elle était pleine et quelques lumières dans les appartements voisins étaient encore allumées. Il n'était pas le seul à ne pas dormir. A cette heure ci , quand même. Ca paraissait bien dommage. Gustav n'arrivait pas à fermer l'oeil. Couché à minuit et toujours pas endormis. A chaque fois qu'il parvenait à se laisser aller , un éclat de rire se faisait retentir dans la chambre au fond du couloir. Il bouillonnait de rage , mais se contenait. Ne pas craquer. Ne pas craquer. Ne pas craquer. Surtout ne pas craquer. Garder son calme et ne pas tout détruire. Il ne fallait pas péter les plombs maintenant. Inspirer , expirer. Calme . . .

Ses yeux se faisaient de plus en plus lourds. Légèrement gonflés , un peu rouges , piquants. Il les frottait mais ça ne faisait qu'aggraver la situation. Ils se fermaient comme on fermerait une porte. Il avait enfouit sa tête sous son coussin et il le plaquait de toutes ses forces contre ses pauvres oreilles. Ca rigolait à côté. Ca parlait. Ca criait. Il en avait plus qu'assez. Si il avait pû lui tirer une balle en plein coeur , il l'aurait fait volontié. Ca le démangeait chaque secondes de sa vie. Pourquoi donc avait - il accepté qu'elle vienne chez lui ?! Ils auraient dû la laisser dehors , dans la rue. Au moins elle n'aurait rien fait de mal. Et voila qu'elle sortait avec son meilleur ami. Dans son fond intérieur , il ne cessait de se répéter : " Pauvre Tom ". D'un côté , il était heureux. Parce que ces derniers temps , Tom paraissait bien triste. Avec les yeux larmoyants et le teint pâle. Bien sûr , il ne montrait pas son inquiètude. Mais il en crevait.

En plus de ça , sa meilleure amie était là. De mèche avec elle , bien sûr. Du moins , c'est ce qu'il pensait. Elle devait être aussi stupide que sa cousine. Ou peut être que c'était le contraire. Comme un ange descendu du ciel pour tout rétablir. Il ne connaissait pas son prénom , ni son physique. Il avait tout fait pour échapper à l'enfer des retrouvailles. Il devait les écraser. Gustav paraissait exaspéré. Plus qu'à l'habitude. Il n'en pouvait plus. Trop d'obstacles sur son chemin. Trop de faiblesse et trop de haine en lui. Trop de fierté aussi. Trop de sentiments indescriptibles qui le submergeaient. Trop de confusion. Oui , beaucoup trop. Et puis , pourquoi se retrouvait - il seul et abandonné lorsque Julia s'amusait et se sentait heureuse ?! Il l'enviait , oui , c'était sûr. Vraiment sûr. Cette facilité de s'attacher aux gens et de leur rendre l'amour qu'ils portent. Il suffisait juste d'avoir quelques point communs pour attirer le respect de la noiraude. Il aurait voulu lui ressembler. A son grand regret. Lui , il détestait les gens au premier regard. Sans les connaitre , juste en les jugeant pas leur apparence et leur manière de faire. Il les détestait tous. Mais eux , ils l'admiraient.Il était comme ça. Pas autrement. Jamais il ne changerait pour eux. Oui ça jamais. Ca n'aurait servit à rien dans tout les cas. Et ça le tuait encore plus. Il voulait simplement oublier sa façon d'être. Juste pour s'en inventer une autre , bien meilleure. La solitude , il n'avait que ça. Oublier et avançer pour trébucher. Ne pas se relever , jamais. Ramper.

Et puis ça parlait encore plus fort à côté. Il n'en pouvait vraiment plus. Si ça continuait , il allait comettre un meutre. Ca l'inssuportait plus que tout autre chose. Il fit alors un effort sur - humain pour soulever ses deux couettes et les rouler en boules au pied de son lit. Il enfila un gros pull noir en laine et posa ses pieds au sol. Il ne les sentait presque plus. Comme si il n'avait plus d'os et que les fourmis lui rongeaient la peau. Il se leva difficilement , s'accrochant au bord de son lit et à sa table de chevet. Instabilité. Son corps était lourd et il avait bien du mal à marcher convenablement. Ses jambes semblaient bloquées. Mais il avançait. Il avançait lentement , mais sûrement. Son coeur battait vite et résonnait dans ses tympans. Migraine assomante. Il grimaçait par moment , comme s'il souffrait et se faisait torturer. Il criait en silence. Seul. Comme toujours.

Il n'avait pas fermé les volets , pouvant alors admirer la pleine lune et le ciel étoilé. La lune éclairait les alentours , on pouvait alors voir les jardins voisins. Le vent s'était quelque peu calmé mais l'on appercevait la neige , un peu poudreuse , voleter en un tourbillon glacé. Le réveil indiquait cinq heure trente et une. A cette heure , quelques personnes partaient au travail. La rue n'était plus calme. Quoique . . . Quand même un peu. Ce jour avait beau être férié , les medecins ou pompiers travaillaient d'arrache pied. Boulot monstre. Comme chaque nouvelle année. Dans la rue encore bien sombre , les gens marchaient. Ils regardaient leurs pieds pour ne pas tomber. La route était quasiment impraticable mais ils étaient là. Ils marchaient. Pour la bonne cause.

Gustav , lui , marchait bien au chaud dans le couloir. Interminable , long , noir. Le stress s'emparait de lui alors qu'il savait très bien qu'il était le plus fort. Il n'y avait aucun doute. Julia ne faisait pas le poids. Il suffisait juste de lui parler un peu brusquement et de hausser le ton pour qu'elle se taise. Mais pas à jamais. Il fallait se faire violent. Oui , ça , il savait faire. Vraiment bien faire. Quand il le voulait , il pouvait parler d'une voix cassante et sèche. Rien de mieux pour faire pâlir la personne en face de lui. Ca refroidissait tout le monde. C'était bien clair. Quelques secondes et une multitude de pouvoirs. Il avait aussi pour habitude de regarder les gens de haut. Comme pour les traiter de sous - merde et d'impuissants. Il se disait classe et intelligent. La classe , oui , il l'avait. Comme si il était né avec. Comme si il était sur Terre rien que pour ça. Dominer. Il le faisait très bien. C'était vraiment le meilleur qui puisse pour le moment exister. Toujours vêtu de chemises bien repassées et de jeans de marques visant les 150 euros minimun , il était classe. Un vrai bourgeois dans son milieu naturel. Plein aux as. Les poches remplient d'argent. Ah oui ça , il était riche et il s'en ventait en permanence. Tout le monde n'était pas à la hauteur de Gustav Schäffer. Depuis sa plus tendre enfance , il vivait dans le luxe et la coquetterie de ses parents. Avec ou sans , il était le roi du monde. Oh mon Dieu , trop de classe pour un seul être humain. Oui , tellement de classe que tout le monde se retournait sur son passage. Trop bien pour tant de monde. Personne n'était à sa hauteur , il fallait l'avouer.

Il avançait. Il avançait toujours d'un pas mal assuré. Le noir l'inquiétait , il ne voyait rien à plus de dix centimètres de lui. Perdu dans ses pensées , il ne faisait qu'avancer droit devant lui. Il aurait pû si il le voulait. Devenir gentil et honnête. Mais ça le répugnait. Comme si il était heureux en ce moment . . . Jamais il ne se laisserai abandonner au charme irrésistible du changement. Il resterait comme ça , toute sa vie. Par moment , la solitude l'énervait mais ça l'apaisait aussi d'un certain côté. Il était prit entre deux sentiments. Comme une tempête de neige en plein milieu de l'Antarctique.

Puis ses pas commencèrent à se faire lègers. Gravité impressionante. Il n'était plus qu'à quelques centimètres de la porte. Pourtant , ça lui paraissait à des milliers de kilomètres. On dit que le stress peut jouer des tours. Il n'avait plus qu'à tendre le bras. Encore un tout petit et minuscule effort. Ca semblait sur réaliste et possible à la fois. Pourquoi avait - il aussi peur d'elle tout à coup ?! Sa vie ne tenait plus qu'à un fil. Minuscule fil transparent et cassant. Si cassant . . . Tout pouvait se détruire en à peine quelques secondes. La vie offre des avantages , mais aussi des inconvénients. Tout le monde sait que la vie n'est pas éternelle. Elle est tout simplement éphémère. Certaines personnes ne l'ont pas encore compris. C'est bien dommage. Gustav voulait , par moment , revenir en arrière. Tout recommencer. Une vie sans elle. Une vie sans obstacles. Une vie sans problèmes. Une vie sans personnes. Une vie sans véritable envie. Une vie parfaite. Et si seulement . . . Il savait que c'était impossible , complètement. Mais comme on dit , l'espoir fait vivre. Souffrir par la même occasion. Penser à elle le mettait en rogne. Julia. Pitié.

D'une main froide et tremblante , il attrapa avec peine la poignée de porte. Gelée. Il la tourna brutalement , faisant grincer les gonds. Le rouge avait prit possession de ses joues et son coeur battait plus rapidement. Les rires se stoppèrent dans la pièce. Calme infini. Comme perdu dans un long couloir à l'odeur nauséabonde et aux couleurs ternes. Deux grands yeux verts lui jettaient des éclairs monstrueux , l'assassinant sur place. Et deux yeux noisettes le regardaient innocement. Que faisait - il ici ?! Gustav ouvrit la bouche. Pas longtemps. Ou peut être trop.


- Juli . . . Euh . . . Je . . .


Rien ne sortait. Pas une phrase. Pas un mot. Pas un son. Pas un souffle. Rien. Même pas un peu d'air. Pas une bouffée. Rien de rien. Il se contentait juste d'observer l'environnement dans lequel il se trouvait. Du bordel , rien que ça. Les deux jeunes filles étaient assises sur le lit , face à face. Un pack de Red Bull éventré et un immense bol de dragibus. Il y en avait partout. Sous le lit , sur le bureau , sur le lit , au pieds de Gustav et encore . . .

Seulement vêtue d'une petite nuisette en satin rouge , Louise tortillait une mèche de cheveux entre ses doigts fins. Elle le regardait. Admirative , comme conquise. Sa chevelure retombait sur ses frêles épaules et son sourire en coin n'avait rien de moqueur. Ses yeux pleins d'étoiles scintillaient. Ce qui fit rougir le batteur qui baissa alors la tête. Confusion. On la connaissait pour son extrême beauté mais aussi pour son charme manipulateur. Aucun garçons ne résistaient. Ils se pliaient tous devant elle. Humiliation masculine. Gustav , lui , n'avait pas sû rester de marbre. Comme les autres , il était comme un chien devant un os. Ridicule , ça l'était. Mais avant de se plier devant elle, le blond pû remarquer le pendentif de la jeune fille. C'était une petite plaque en or où était gravé son prénom en lettres italiques argentées. Certaines incrustées de diamants par ci par là. Le grand luxe accroché à une fine chaine en or. Le délicieux collier retombait juste au dessus de sa poitrine. Aux premiers abords , on aurait pû croire être face à un mannequin. Mais en regardant attentivement , Gustav pensa tout autre chose. " Et merde . . . Un Ange ".

Tellement perdu dans ses pensées , Gustav ne se rendit pas compte de ce qu'il se passait réelement. Son coeur avait accéléré considérablement et sa respiration restait bloquée en travers de sa gorge. Il s'en foutait. Coup de foudre , coup de soleil. Son ventre se tordait dans tout les sens. A en mourir. Louise l'interrogeait du regard mais il ne comprenait pas. Du moins , il ne cherchait pas à comprendre la signification de ce regard supérieur. Il était la merde. Elle , le soleil. Deux de tensions , et encore . . . Il recula d'un pas , histoire de sortir de la pièce. Il attrapa la poignée et ferma la porte comme s'il ne s'était rien passé. Ignorer. Il se retrouva seul. Encore une fois. Et pour de bon. Anéantit. Et cette fois ci il se précipita à pas vifs dans sa chambre. Cinq secondes top chrono , pas de doute là dessus. Il se laissa tomber sur son lit , faisant craquer le parquet sous le poids lourd qui venait de sauter à moitié. Il rêvait. Oui , c'est ça , il rêvait. Tout était faux. Rien n'existait. Il dormait. Tout n'était qu'un cauchemard. Tout cela n'existait pas. Jamais. Oh non jamais. Il preférait plutôt croire aux miracles de la vie. Le diable et l'ange réunit. Tout bonnement impossible. Le paradis ne pactise pas avec l'enfer. C'est . . . Impensable. Et c'était le cas de le dire.

Sans trop y réfléchir , il prit son cousin et enfonça sa tête dedans. Jusqu'à s'étouffer , à manquer d'air , à ne plus penser. Et de toutes ses forces il cria. Hurla à sans déchirer les cordes vocales. A en perdre la voix. A fendre l'âme. A faire peur. Cri déchirant. Plein de haine , plein de tristesse et plein d'espoir. Ce qu'il ne savait pas , c'est qu'elles avaient tout entendu . . .





[ . . . ]





Quand on y pensait quelque peu , on pouvait se rendre compte de certaines choses. Notamment les sentiments qu'ils éprouvaient l'un envers l'autre. Sentiments confus et un tantinet transparent. Quoi que , ils n'avaient jamais été très proches tout les deux. Comme deux aimants qui se croisent et se repoussent. Ils étaient deux contraires. Deux extrêmes. Un homme , une femme. Très différents. Peut être que c'était pour ça qu'ils ne s'aimaient pas. Ou peut être pas. Ils se fuyaient , s'échappaient. Personne ne savait vraiment ce qu'il se passait entre eux. C'était quand même bizarre. Deux êtres qui , normalement , auraient du bien s'entendre. Et pourtant , la vie ne fait pas ce qu'elle veut. Il y avait tellement d'hypothèses et de réponses sur le pourquoi du comment ils ne s'aimaient pas. Certains pensaient que ça passerait avec le temps. Ils se trompaient. Cela restait toujours au même stade. C'était évident. Ils ne s'aimaient pas. Ils ne s'aimeraient jamais. Comme ça , pas autrement. Difficile à croire. Pour des frères et soeurs. Et pourtant , ils prouvaient à chaque personne que tout était possible.

Ils ne se parlaient que très rarement. Ils ne se regardaient jamais. Ils se croisaient mais se faisaient pas attention l'un à l'autre. Ils s'éffleuraient mais fuyaient. Ils pensaient souvent l'un à l'autre mais ne disaient rien. C'était un secret. Un délicieux secret. Leur entourage les regardait. Attendrit , passioné. Ils pensaient toujours à une certaine complicité entre eux. C'était le contraire. Heureusement. Malheureusement. Evidemment. Souffrance perpétuelle. Ils se haïssaient. Conflit éternel. Ils étaient transparents. Invisibles. Invincibles. Et encore . . . Parfois , ils auraient voulu que ça s'arrête. A jamais. Et si seulement . . . Ils ne rêvaient pas. L'espoir vainc le monde. L'espoir vaincra. L'espoir détruit. C'est impossible. On ne reviendra pas en arrière.On y pensait pourtant. On y pensait. Et si seulement. Oh oui , si seulement. Ils auraient pû s'aimer légèrement. Pas trop , juste un peu. A leurs yeux , ils n'existaient pas. Dommage.

Si on leur demandait pourquoi ils s'ignoraient à ce point , ils ne répondaient pas. Se contentant de regarder le plafond , tout en mâchant leur affreux chewing gum à la menthe forte. La bouche ouverte , attention. Impolitesse. Pour ça , ils se ressemblaient mais ça ne les rapprochaient guère. Et merde. De parfaits inconnus. Fières et victorieux. Comme s'il s'agissait d'un stupide pari à deux balles. Ce n'était pas le cas. On aurait pourtant bien aimé. Un miracle. Comme si ça existait. Mais une question brûlait bien des lèvres. Torturait les esprits les plus tordus qui soient. Hantait les gens comme un horrible fantôme. Elle était secrète. Secrètement. La question. La pire , comme disait beaucoup de monde.

Depuis quelques années déjà ça durait. Quatre ou cinq ans peut être. On ne sait pas vraiment. Ou peut être , on le croit. On suppose. On cherche. On abandonne vite fait bien fait. Personne n'aura jamais la réponse. Il faudrait oser demander . . . Et pourquoi est ce si impossible à envisager ?! On se contente juste de regarder , d'observer. C'est un film qui se déroule devant nous. Tout est tordu. Confus. Tellement confus. On est silencieux. Pire que des tombes. On est mort. Eux , ils existent. On a jamais le droit de juger , de parler. On est muet. C'est formellement interdit. Interdiction formelle de dépasser la loi. Mais . . . Quelle loi ?! Mais on sait qu'un jour quelqu'un explosera et demandera. La personne posera la question. On aura nos réponses. On sera fières. On aura tenus. Bien tenus. Bon sang.

Que s'est - il passé ?!




[ . . . ]







F l a s h B a c k





P . o . v . C h l o é





Gustav me regardait depuis bientôt dix minutes. Et il s'approchait de moi de plus en plus.
Depuis quelques temps , il était un peu bizarre. Avec ses regards et ses sourires. Comme un psycopathe traquant sa proie. Je savais bien qu'il avait quelque chose à me dire. Comme d'habitude , un petit service par ci par là. De l'argent . . . Sûrement. C'était tout à fait son genre de me demander ça. Comme si on demandait une baguette de pain à la boulangère. Gustav avait toujours été très distant de moi. Enfin jusqu'à mes onze ans peut être. Avant , on était toujours fourrés ensemble. On s'amusait bien , on rigolait. Je n'étais heureuse qu'avec lui. Personne n'arrivait à me faire rire comme lui il le faisait. C'était comme ça. On était liés. Comme des jumeaux. En plus fort peut être. Sûrement même. Et si seulement il ne s'était pas éloigné du jour au lendemain. Il ne m'avait rien dit. Juste un petit " au revoir " sans aucune signification pour moi. C'était un 28 Janvier. Ce jour là , j'avais eu onze ans. Je grandissais à vue d'oeil et certains garçons se retournaient derrière moi dans la rue. J'étais le centre de l'admiration. J'en étais fière.

Heureuse comme si on me tendait une sucette à la cerise bourrée de sucre. Gustav n'était pas content. Il disait que je n'étais pas un jouet. Pas un trophé que l'on gagne à la chasse. Je n'étais pas de cet avis. Il est partit. A mon grand désespoir. J'étais seule. Face à moi même.
Il devait être à ma hauteur. Juste un peu plus grand que moi. Pas tellement. Il me regardait bizarrement. Attristé. Je ne savais pas trop quoi faire. On se parlait toujours oui , mais on ne faisait plus rien ensemble. Mais ce soir là , peut être avait - il décidé de recoller les ponts. Je me trompais. Sûrement.


- Clo' . . . Je . . . Vaudrait mieux que je fasse comme si tu existais pas. Ca m'énerve. Alors . . . Adieu.


Puis il est repartit. J'étais de nouveau seule. Cette fois ci en pleurs. Pourquoi est ce qu'il me faisait ça à moi ?!





F i n P . o . v . C h l o é





F i n d u F l a s h B a c k


# Posté le dimanche 30 septembre 2007 07:07

Modifié le lundi 05 janvier 2009 08:16

Quelle horreur.

Quelle horreur.
*

Elle s'asseyait souvent au pied du cerisier du grand parc. Plus petite , elle l'admirait , espérant un jour pouvoir monter au sommet. Toucher le ciel. Tous les jours aprés les cours , elle partait au parc , son carnet de dessin dans les mains et mordillant son crayon à papier HB. Le dessin , son seul refuge. Moment de liberté et d'expression. Au fil de ce début d'hiver , elle sortait encore plus. Passant son temps au pied de cet arbre. Elle dessinait les branches. Nues. Au printemps , elle reviendrait. Dessiner les bourgeons , elle n'attendait plus que ça. Elle se perdait dans son imagination. Ce paradis qui n'était qu'à elle. Son paradis exquit oui. A chacun de ses traits de crayon , elle imaginait de nouvelles choses. Réinventant le monde à sa façon. Un monde parfait. Un monde sans problèmes. Son monde à elle. Elle touchait le ciel. C'était son havre de paix et personne ne pouvait l'empêcher de faire ce qu'elle voulait. Et si elle devait compter tous les souvenirs qu'elle portait en rapport au cerisier , ils ne tiendraient plus sur ses dix doigts de la main. Elle aimait se rappeller tout ça. Oui , elle aimait. Lui décrochant parfois quelques larmes ou quelques rires. Des souvenirs tellement lointains . . . Et si tout s'arrangeait un jour ?!

Parfois , quand on lui parlait , elle se perdait dans la contemplation de ses pieds. Intéressant. Douloureux sûrement. Toujours à se souvenir de ces choses là. Torture secrète et blessante. Puis elle s'échappait. Sans un mot. Sans rien dire. S'enfuir. Loin , très loin , terriblement loin. Quelque part où les soucis n'existent pas. Où rien n'est interdit. Où les rêves se réalisent. Où l'on peut faire se que l'on veut de sa vie. Où personne ne vous dictent comment il faut agir. Là où la vie est tout bonnement parfaite. Là où tout le monde vit en parfaite égalité. Là où la vie est merveilleuse. Vraiment merveilleuse. Un jour peut être elle le sera. Et cette jeune fille espérait. Elle espèrait que ce jour arrive enfin. Elle espèrait avec patience et courage. Elle avait du cran. Dur comme fer elle espèrait. L'espoir fait vivre. C'était sa devise.

Et comme tout le monde elle avait des rêves. Elle avait des envies. Elle exigeait des choses. Elle attendait quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. Ce quelqu'un que tout le monde appelle " Prince Charmant ". Ce quelqu'un qui vous fait rêver et pleurer. Ce quelqu'un qui vous donne la chair de poule sans vraiment que vous vous en rendiez compte. Ce quelqu'un que vous attendrez toute votre vie. Ce quelqu'un que vous aimerez sans relâche. Ce quelqu'un pour qui vous donneriez votre vie. Ce quelqu'un qui vous fait rire à en crever. Oh oui , c'est ce quelqu'un là que tout le monde attend. Si seulement . . . Elle trouvait la personne qu'elle aimerait toute sa vie. Une personne qui ne joue pas avec les sentiments d'autrui. Sans viser qui que se soit , elle y pensait.

A ce jeune homme immature , égoïste et manipulateur. A ce jeune homme qui se prenait pour le centre du monde. Tellement hypocrite. Si elle l'avait eu en face d'elle , elle l'aurait étranglé. Elle aurait écrasé sa tête contre le sol dur et froid. Comme le coeur et la vie de ce garçon. C'est fou comme elle pouvait le détester à présent. Jamais elle ne lui pardonnerait. Oh oui , ça jamais. Il s'était servi d'elle comme si elle était une esclave. Une femme soumise. Dans son fond intérieur , elle fulminait de rage. Si elle n'avait pas eu peur , elle lui aurait dit non. Elle n'aurait pas accepté de trahir sa cousine. Mais elle ne pouvait pas oublier ce baiser qu'il lui avait donné. Ce baiser si tendre et passionné. Sans amour. Sans sentiments. Sans émotions. Sans rien de perceptible au départ.

Vous a - t - on déja dit que le Bill Kaulitz que vous vous imaginiez n'existait pas ?! Qu'il n'était pas réel ?! Une image de lui même qu'il veut se donner. Juste pour faire bonne impression. Tout se qu'il souhaite c'est réussir et gagner de l'argent. Dans le fond , il vous déteste. Il vous hait. Il vous manipule. Il se joue de vous comme il se joue de sa famille. Il ne vous aimera jamais. Comme il ne l'a jamais aimé. Elle.

Depuis sa plus tendre enfance , elle avait ce côté un peu mystèrieux. Toujours à faire sa timide alors que dans le fond c'était un vrai et pur petit démon. Elle n'aimait pas se faire des amis , comparée aux autres enfants de son âge. Elle préfèrait la solitude. Rester seule. Elle ne voulait pas d'amis. Alors elle se créait un monde imaginaire. Un monde dans lequel elle allait parfaitement bien. Ce mal être qu'elle ressentait , elle l'excluait de toutes ses pensées. Dans ce monde , elle se portait comme un charme. Elle ne pleurait plus. Elle souriait. Elle s'inventait ce monde sans vraiment y croire. Elle savait que si elle le voulait , elle pourrait le laisser tomber. Mais elle ne le souhaitait pas. Du moins , pas encore. Pas avant d'aller bien en dehors de cet univers. Elle imaginait. Elle rêvait. Toujours. Sans arrêt. C'était son seul et unique moyen de se sentir bien. Chez elle. Vraiment chez elle.

Elle se lassait vite des choses. Des gens aussi. Alors elle ne s'attachait à personne. Sauf peut être à elle. Sarah. Sa meilleure amie. La seule. La vraie. La bonne personne. Elle n'était plus seule et c'était comme ça. Tans mieux pour elle aprés tout. Sarah était une fille assez petite , pas anorexique mais pas grosse non plus. Elle avait une longue chevelure noire et des yeux bruns à en faire tomber les garçons. Toujours habillée en slim , vans et tee-shirt funny , les filles de son entourage l'admiraient quelque peu. Elle retenait l'attention. Les gens l'aimaient.

Avec Sarah , c'était fusionnel. Une amitié plus forte que l'amour. Des sentiments qui dépassaient tout c'que l'on pouvait imaginer. Entre elles , c'était pire que tout et n'importe quoi. Des interdits que l'on dépassent. Pour elles , elles faisaient partie de la même famille. Des jumelles identiques. Sans vraiment l'être. Elles agissaient comme si elles avaient le même sang , les même parents. Elles étaient pareilles. Pas physiquement mais mentalement. Au niveau des goûts , c'était à peu prés la même chose. Sarah , c'était LA personne. La personne qui complétait Chloé en un rien de temps. La seule personne qui la comprennait. L'aidait. L'aimait. Elles s'étaient promis de ne jamais se quitter. Jamais. Jamais. Jamais. Jamais. Oh non , ça jamais de la vie. Mais il fallait bien retenir ce mot la. Et tout leur entourage savait que Chloé n'était rien sans Sarah et pareil dans l'autre sens.

Mais il arrive ce moment où les choses dérapes sans vraiment le vouloir. Tout allait bien pourtant. Mais il fallait que la vie se passe différement. Elles ne l'avaient pas prévu mais ça arriva. Malgré tout. Les parents de Sarah divorcèrent , s'éloignèrent le plus loin possible l'un de l'autre , se partageant la garde de leur unique fille. La mère de celle ci partit vivre aux Etats - Unis , dans une ville au fin fond de l'Etat du Maryland. Puis le père de la jeune fille s'en alla en Australie , quelque part entre Sidney et Melbourne. Sarah devint rapidement bilingue et fut un jour où elle ne revint plus. Au début , elles se téléphonaient souvent mais la facture de téléphone dépassait les 500 euros tous les mois. Elles s'écrivaient. Mais les lettres se faisaient rares et elles s'oublièrent du jour au lendemain. Mais pas tellement en fait. Ca devait faire six mois que Chloé avait reçu une lettre de Sarah. Celle ci lui expliquait qu'elle était partie vivre au Japon avec son père et qu'elle espèrait que Chloé vienne la voir un jour. Elles éspèraient toutes les deux. Et au final , ce n'était pas pour tout de suite. Malgrés tout , Chloé mettait de l'argent tous les mois sur son compte afin de pouvoir aller voir son amie au pays du soleil levant. Elle savait qu'elle la reverrai. Elle le savait éperdument.

Puis Gustav prit du recul. Ils avaient onze - douze ans. Quelque chose comme ça. Et à ce moment , la jeune fille vit sa vie s'écrouler sous ses pieds. Elle était de nouveau seule. C'est à ce moment là où elle prit conscience qu'il ne fallait jamais s'attacher à des gens. Surtout à des gens bien. Plus jamais elle ne sympathiserait avec qui que se soit. Interdiction qu'elle se donnait. Interdiction qu'elle s'imposait. Interdiction obligatoire. Effet contradictoire. Elle aurait voulu s'enfuir le plus loin possible. Recommencer une nouvelle vie. Oublier le passé et se reconstruire un présent. Parfait. Sans Sarah. Sans Gustav. Sans ses parents. Sans mal. Elle et sa solitude. Rien que ça. Et pourtant , Dieu qu'elle avait besoin de son frère. Il fût un temps où Gustav et Chloé s'entendaient bien. Toujours là pour elle. Toujours là pour lui. Ils aidaient sans arrêt. Ils se soutenaient. Quoi qu'il arrive , ils étaient toujours là l'un pour l'autre. Mais personne ne pouvait oublier , qu'un jour , ils s'étaient séparés définitivement. Plus un regard. Plus un sourire. Plus d'amour. Plus d'aide. Plus de sensation de sécurité. Plus de tendresse. Juste un froid indestructible qui percistait. Et ça durait. Le temps passait. Ils n'existaient plus. Mort ou vif. Parce que d'un certain côté , ils se tuaient. Trop de distances. Trop de tristesse. Puis Chloé attendait le retour de son frère comme elle attendait le prince charmant. Sans relâche . . . La seule personne qu'elle aimerait toute sa vie , c'était bien son frère.




[ . . . ]





Secrètement ils se cachaient. Tous les deux. S'ignorant pour ne pas que le couteau dans la plaie ne s'enfonçe encore plus. Ils ressentaient la même chose l'un pour l'autre. Sans se le dire. Ils se l'avouaient à eux même. Mais rien que se dire qu'ils défiaient les lois , les faisaient frissonner de peur. Ils avaient peur de se faire attraper. Tout le monde sait que ce genre de chose est interdit. Mais ils ne faisaient pas exprés. On ne contrôle pas ses sentiments. C'est comme ça. Pas autrement.

Cacher ce secret devenait insupportable avec le temps. Ca les tuait. Mais plutôt mourir que de devoir l'annoncer à la personne concernée. Ils savaient tous les deux qu'ils risquaient leur peau. Mais un jour ou l'autre , ils devraient l'avouer. Ce serait peut être la fin du monde. Ou peut être pas. Au fond , qui peut vraiment le savoir ?!

Ils pensaient qu'ils se feraient jetter alors que leurs sentiments étaient parfaitement identiques. Et puis ce mot . . . Parfait. Tellement parfait. Ils étaient bêtes ces deux là. Vraiment trop bêtes. Quitte à perdre l'équilibre , mourir , ils auraient pû se l'avouer. Tenter leur chance. La réussir. Jouer leur vie. La donner. Mais ils se considéraient comme des monstres. Ils n'en parlaient à personne et ils pensaient que c'était bien mieux comme ça. Beaucoup mieux. L'amour , c'est un sentiment bien trop parfait. Quand quelqu'un vous aime , on est heureux. Eux , ils s'attendaient mutuellement. Sans le savoir réelement. En attendant.

Mais ici c'est d'inceste que l'on parle. Normal que l'hésitation soit grande et forte. Le monstre grandissait au fond d'eux mais peut on vraiment qualifier cette chose de monstruosité . . . On ne choisit pas de qui l'on tombe amoureux. Ca vous tombe dessus comme ça. Sans prévenir. Mais si ça se prevoyait , alors personne ne tomberait amoureux. Car personne ne peut prévoir l'amour d'un autre. Ou sinon , il faudrait avoir le monde à ses pieds.
Quand ils regardaient cette inscription sur le mur , ils n'avaient qu'une envie : Espèrer.

" Gustav et Chloé pour la vie "



[ . . . ]




La fête battait son plein et la troisième bouteille de vodka venait de se finir dans les mains d'un homme en costard cravatte. La deuxième bouteille de rhum descendait considérablement et le cinquième saladier de punch avait fini éclaté en mille morceaux contre le mur. La maison des Schäfer ne ressemblait plus à rien. Ensevelie sous une masse de déchets plus horribles les uns que les autres. Les bouteilles en verres trainaient par terre et un tapis de gâteaux et autres nourritures se dressait sous les pieds de chaque individu. Pourtant , tout le monde s'en fichait.

La maison était envahit par une horde d'adolescents plus excités les uns que les autres. La nouvelle année approchait. Ils l'attendaient avec impatience. Grande impatience. Encore quatre heures à attendre. Encore un peu de courage. Aprés tout , l'année sera longue. Un nouveau jour allait commencer. Les gens en étaient fièrs. Ce jour ils l'attendaient depuis des mois et des mois. De nouvelles résolutions en perspectives. Que personne ne tiendra , comme à chaque fois. C'est bien connu. Un air différent. Un air nouveau. Du changement. Ca recommence comme chaque année. Au départ tout va bien puis tout se dégrade. C'est comme ça. Oui , absolument. Mais il y avait ce sentiment de réconfort dans les coeurs. Plus de tabous. Tout le monde se sentait bien. Parfaite égalité. Union électrique.

Certaines personnes , dans le feu de l'action , les idées pas très claires et le sang débordant d'alcool , sautaient dans la piscine où l'eau ne devait pas dépasser les 2°C. Il y en avait qui discutaient , un verre à la main et une clope à la bouche. D'autres dansaient tout en délirant. Certains faisaient des batailles de boules de neige et finissaient par boire la tasse dans la piscine. Des garçons se battaient pour la première fille qui passait prés d'eux. En gros , tout le monde buvait , fumait et c'était leur unique point commun. Des centaines de jeunes dans une seule maison. Ils s'occupaient tous comme ils le pouvaient.

Pourtant , il y avait ce jeune garçon , assit sur la première marche des escaliers. Il regardait aller et venir les gens. Ils titubaient , gueulaient , riraient. Les gens sortaient puis rentraient. Comme s'ils passaient la porte et qu'ils revenaient à cause du froid. Il avait enfouit sa tête dans ses bras et ses jambes étaient repliées sur son torse. Personne ne faisait attention à lui. Transparent. Invisible. Et toujours aussi seul. Il pensait. Lui , ce jeune garçon. Ce méchant et amoureux garçon. Gustav Klaus Wolfang Schäfer. Qui aurait pû croire qu'un jour pareil , il serait seul ?! Aprés tout , il avait besoin de réfléchir. A ses actes. A ses faits et gestes. Il fallait qu'il prenne de bonnes résolutions. De grandes résolutions. Quitte à ne pas les tenir , il se sentirait mieux , une fois qu'il les aurait établies. D'abord , il fallait qu'il se promette à lui même d'être plus gentil. Beaucoup plus gentil. Ne plus faire de mal à personne et arrêter de persécuter les autres. C'était d'ailleur la tâche la plus dure à réaliser dans toutes ses résolutions. Etre gentil . . . Comment le devenir quand on ne comprend pas le sens et l'utilité de ce mot ?! Pour Gustav , c'était LA mission impossible de toute sa vie. Pourtant , rien n'est impossible. Et quand on veut , on peut.

C'est comme cet amour grandissant qu'il ressentait pour sa soeur. L'amour qu'il fallait contrôler. Pour lui , c'était difficile. Bien trop difficile. Il la croisait sans arrêt. Elle. Sa soeur. Chloé. Bien trop dur à avouer. Bien trop dur à retenir. Plus le fossé entre eux se creusait , plus il l'aimait. Ce n'était pas logique. Vraiment pas logique. Il ne comprenait rien. Rien de rien. Rien du tout. Comme du chinois alors que l'on ne parle même pas une autre langue que la sienne. Et pourtant , il aurait dû comprendre. Il aurait pû. Si il avait voulu aussi.

Parfois , il se levait. Réfléchissait puis se rasseyait. Et il avait un moment d'abscence. Comme un film qui se déroulait dans sa tête. Il voyait les images de ce qu'il arriverait s'il fonçait. Mais il idéalisait les choses. Il idéalisait des images qui n'arriveraient jamais. Il savait que rien ne se passerait comme ça. Stoper l'illusion parfaite qu'il se faisait des choses. Choses impossibles. D'aprés lui . . . Toujours d'aprés lui.





P . o . v . G u s t a v





Trois. Deux. Un. Zéro.
J'y vais. Je me lève.
Mais . . . Et si j'me fais jetter ?
Bon , j'y vais pas. Ca servirait strictement à rien et en plus , j'ai la tête qui tourne. J'me rasseois , c'est bon. Ca ira mieux comme ça.
Mais . . . Si . . . Si elle est aussi amoureuse de moi. Je fais quoi ?! Bon , à trois je me lève.
Un. Deux. Trois . . . Quatre . . . Cinq . . . Six . . .
Bon , en fait non. J'y vais pas. Beaucoup trop dangereux. C'est une mauvaise idée. Trèèèès mauvaise idée.
Tiens , il est quelle heure ?! Oh. 23h15 . . . QUOI ? O__O C'est tout ?! Oh Mon Dieu. C'est pas possible. U_U Vivement 2008 hein ! Vite. Vite. Aller. Vite.
Tiens , je vais faire un jeu. Si la première fille qui passe a un tee-shirt , j'y vais ! Je vais dire à Clo' ce que je ressens pour elle. Bon , y'a plus qu'à attendre.
. . .
. . .
OH UNE FILLE !!!!! Ah . . . Non. C'est un mec. Uhuhu U__U C'est pas drôle en plus --'
Vas - y Gustav , concentre toi. Zen. Reste zen. C'est pas la mort aprés tout. C'est juste de l'amour. Bon , pour ta soeur. Ok. Mais . . . Tu vas pas mourir quand même ?! Nan. Si ?!
OH MON DIEU !!! UNE FILLE EN TEE-SHIRT ROUGE !!! LA ! DEVANT MOI !!!
Mais . . . Mais . . . Pourquoi elle se rapproche là ?! Au secours !!! Une fille en chaleur. Oh pardon.
AU SECOURS ! UNE CHIENNE EN CHALEUR !!!!
Mais . . . Mais je la connais cette odeur de vanille >< Oh mais ma parole , je viens de confondre ma soeur avec un chien . . .
MA SOEUR ? OO'





F i n P . o . v . G u s t a v




- Et ben Gusti , qu'est ce que tu fais ici tout seul ? s'exclama Chloé.


Gustav devint cramoisi. C'est vrai qu'elle était prés de lui. Peut être trop même. Il pouvait sentir le souffle brûlant de sa petite soeur sur son visage. Il frissonna. D'accord , elle était énormément trop prés. Gustav planta ses yeux dans ceux de sa soeur. Ils brillaient. Plein d'étoiles. Plein de tendresse à l'intérieur. Ces yeux noisettes qui dégageaient tellement d'émotions. Beaucoup trop. Il respirait bizarrement et il avait la chair de poule. Comment un regard peut autant perçer le coeur ?!
Il fallait qu'il réplique quelque chose. Vite. Avant qu'elle ne le questionne encore sur son état et le pourquoi du comment il n'était pas avec ses amis. Vite. Il fallait réfléchir. Réfléchir sur une réponse. Ne pas contempler ses yeux. Pas ses yeux . . . Surtout pas. Sûrement pas. Comme un vent chaud qui arrivait de nul part , il fut pris de violents frissons quand son regard se posa sur les lèvres de sa soeur. Et merde . . .


- Beuuh . . . Je . . . Je compte les nuages . . .

- Les nuages ? Oo' Gustav, il fait nuit ! Et en plus , tu es à l'intérieur !! Tu as bu , c'est ça ?! Je savais bien qu'il ne fallait pas te laisser sans surveillance. Tu es un danger pour ton cerveau !

- Mais . . . J'ai pas bu !! Tu dis n'importe quoi hein !
se défendit le batteur.

- Je vais voir ça tout de suite alors ><


Chloé attrapa la tête de Gustav entre ses mains. Et s'empressa de coller ses lèvres contre celles de son frère. D'habitude , pour n'importe quel garçon , elle n'aurait pas accepté. Car , ce soir là , Mademoiselle avait du gloss. Celui à la cerise , son préfèré. Ce soir , elle n'avait pas bû. Lui non plus d'ailleurs. Ils détestaient ça et pourtant , ils auraient pû. Histoire de fêter la nouvelle année. Finalement , ils avaient préfèrés rester seuls dans un coin. Loin de l'autre. Prés des autres. D'un côté , Chloé savait bien que Gustav n'avait pas bu. Pourtant , son coeur l'avait envoyé au fond de ses envies. Ses envies les plus intimes. Celle la d'abord. Ce baiser , elle en rêvait. Secret. Secret. Secret. Secret . . . Chut . . .

Au départ , ce n'était qu'un petit baiser de rien du tout. Juste un contact lèger entre leurs lèvres. Un contact furtif et très court. Gustav fût surpris , très même. Il ne s'y attendait pas. Surtout pas. Les yeux grands ouverts , il avait en gros plan les yeux clos de Chloé. Ses lèvres étaient affreusement douces. Tellement douces. Pire que ça même. Parfaite sensation. Puis le blond ferma les yeux à son tour. Se laissant aller. Autant en profiter. Il fallait profiter pendant qu'il en était encore temps. On ne pouvait pas savoir quand ce baiser s'arrêterait. Dans quelques secondes. Dans quelques minutes. Dans des heures ou des années. Comment le savoir ?! Gustav pressa un peu plus ses lèvres contre celles de sa soeur. La langue de celle ci caressa les lèvres de son homologues et celui ci ne pût retenir un soupir d'apaisement. Plaisir immense. Indestructible. Leurs bouches s'entrouvrirent , laissant alors leurs langues se rejoindrent dans un ballet interminable. Parfait accord. Lien par sentiments. Les mains de Gustav se posèrent doucement sur les hanches de sa soeur et les bras de celle ci s'enroulèrent autours du coup du blond. Leurs langues se touchaient , s'entremêlaient , se carressaient. Ballet infernal de soupirs. A moitié couchés dans les escaliers , les deux jeunes personnes se laissaient aller. Peu importe les interdits. Peu importe les regards d'autrui. Ils étaient l'un à l'autre. L'un sur l'autre. Ils ne pensaient pas aux conséquences. Ni à la folie qui les envahissait. Ni à la limite qu'ils venaient de dépasser. Une interdiction pire qu'interdite. Voila tout. Apocalypse.

Alors que leur exploration buccale se faisait plus profonde , un bruit de verre brisé se fit entendre. Des cris , des hurlements. Bousculade. Quelqu'un venait d'éclater la baie vitrée du salon. Chloé rompit alors le baiser. Elle regarde Gustav dans les yeux puis porta ses doigts à ses lèvres.


- Mon Dieu . . . murmura - t - elle.


Encore sous le choc , Gustav restait planter là. Il ne disait rien. Les yeux dans le vide. Le rouge aux joues. La tête dans le brouillard. Le coeur battant la chamade. Les yeux de la jeune fille s'embuèrent puis elle partit en courant. Loin. Loin. Loin. Ses sentiments l'avaient rattrapé. Submergée. Elle n'aurait jamais dû l'embrasser. Surtout pas. Elle avait commis l'irréparable. L'amour fait faire parfois de drôle de chose. Démasquée. Oh oui ça , elle l'était. Elle ne pouvait plus reculer. Malheureusement. Heureusement. Tans pis pour elle. Tans pis pour eux. Dans sa tête , le batteur ne pouvait se l'admettre. Il ne réagissait pas. Mais il se le disait haut et fort dans sa tête : C'était quoi ça ?! Il était minuit. Bonne année.




[ . . . ]




Toute la nuit elle pleura. Tout le monde fût partit aux alentours de quatre ou cinq heures du matin. Elle , elle ne s'endormit que vers neuf heures. Tout comme lui. Lui . . .




[ . . . ]




Pendant deux jours , elle ne sortit pas de chez elle. Se coupant du monde. Se coupant de tout. Pendant deux jours , elle ne toucha pas à son assiette. Trop triste. Trop honteuse. Ses actes , elle les regrettait amèrement. Elle aurait voulu que tout se passe autrement. Différement. Elle ne voulait plus voir son frère. Elle aurait voulu ne pas l'avoir vu ce soir là. Elle ne l'aurait pas embrassé. Alors . . . Ses sentiments , elle n'avait pas réussi à les contrôler. Elle aurait pû. Si elle n'avait pas craqué. Elle aurait pû oui. C'était trop dur à s'avouer. Elle se haïssait. Elle se détestait. Elle aurait voulu sauter. Sauter de haut. Tomber. Tomber très bas. Qu'est ce qu'elle devait faire maintenant ?! Affronter Gustav ou le fuir ?! Elle ne voulait vraiment pas le voir. Elle ne voulait plus croiser son regard. Ni ses lèvres. Et pourtant . . . Quelles lèvres . . . Elle ne voulait plus l'approcher. S'échapper.

La nuit du trois janvier deux mille huit , à deux heures du matin , la jeune fille prépara ses valises. Tout le monde dormait profondément. Ou du moins , c'est ce qu'elle pensait. Gustav ne dormait pas , lui. Il regardait par la fenêtre. Il regardait la lune disparaitre et réapparaitre derrière les nuages. Lui aussi n'avait pas eu les idées claires ce soir là. Plus jamais il ne recommencerait. C'était bien la peine d'avoir fait ce petit jeu débile. Oui , il s'en voulait. Mais ce baiser resterait gravé dans sa mémoire jusqu'à la fin de sa vie. C'était trop bon. Bien trop bon pour oublier. Jamais il n'oublirait.

A pas de loup , Chloé descendit les escaliers , faisant bien attention à ne pas faire craquer le parquet sous ses pieds nus. Elle ne laissait pas la peur l'envahir. Elle n'avait pas peur d'ailleurs. Elle était déterminée. Elle avançait droit devant. Rapidement elle prit un pain au chocolat dans le placard et elle enfila ses ballerines rouges et noires. Quitte à avoir mal aux pieds , tans pis. Elle s'en fichait complétement. Du moment qu'elle partait. Elle envoya un sms à quelqu'un puis mit son sac à dos sur l'épaule. Elle glissa son billet d'avion dans la poche de son manteau et sortit de la maison. Elle déposa une lettre à l'entrée. A six heures , son avion décollait.

Dans sa chambre , Gustav attendait à la fenêtre. Il avait tout entendu. Il ne quittait pas la rue des yeux. Celle ci était plongée dans la pénombre et on ne distinguait pas grand chose. La neige fondait petit à petit. Laissant place au goudron mouillé. Au rayon de lune , Gustav pû apperçevoir une silhouette filer à toute vitesse dans l'allée. La main du blond se posa sur la vitre et colla son front sur le verre glacé. Il chuchota quelques mots.


- Adieu petite soeur . . .

Chloé se retourna une dernière fois. Regarda vers la fenêtre de son frère et disparût. Elle était partit.


" Papa , Maman , Gustav.
Je pars voir Sarah à Tokyo. Ne m'attendez plus. Ce n'est plus la peine à présent.
Au revoir. Merci pour tout. Chloé <.3
Gusti je t'aime. "


Cette nuit là , elle ne versa plus de larmes.


# Posté le vendredi 09 novembre 2007 13:42

Modifié le vendredi 16 janvier 2009 04:39